2019
ORBIT
Stephan Oliva (p), Tom Rainey (dms), S. Boisseau (b)


CLOVER
A. Darche, JL Pommier, S. Boisseau


2018
ORCHESTRA NAZIONALE DELLA LUNA • LIVE AT AJMI
M. Hermia, K. Ikonen, T. Verbruggen, S. Boisseau


HANS LÜDEMANN • TRANS EUROPE EXPRESS
Hans Lüdemann, Yves Robert, Silke Eberhard, Alexandra Grimal, Théo Ceccaldi, Kalle Kalima, Dejan Terzic, S. Boisseau


ORPHICUBE • ATOMIC FLONFLONS
A. Darche, C. Cailleton, Olivier Laisney, S. Payen, D. Ithursarry, N. Darche, C. Lavergne, S. Boisseau


2017
ALAIN VANKENHOVE • POINT OF VIEWS
A. Vankenhove, Uri Caine, Jeff Ballard, S. Boisseau


HANS LÜDEMANN TRIO ROOMS • BLAUE KREISE
Hans Lüdemann, Dejan Terzic, S. Boisseau


DAVID CHEVALLIER TRIO • SECOND LIFE
D. Chevallier, Ch. Lavergne, S. Boisseau


ORCHESTRA NAZIONALE DELLA LUNA
M. Hermia, K. Ikonen, T. Verbruggen, S. Boisseau


2016
J.A.S.S. • MIX OF SOUND AND CLOUD
J. Hollenbeck, A. Darche, S. Blaser, S. Boisseau


2015
J.A.S.S. • AJMI LIVE
J. Hollenbeck, A. Darche, S. Blaser, S. Boisseau


STANDARDS & AVATARS
D. Chevallier, Ch. Lavergne, S. Boisseau


HYPRCUB
A. Darche, J. Irabagon, J. Dumoulin, Ch. Lavergne, S. Boisseau


2014
WOOD (LP)
Matthieu Donarier & Sébastien Boisseau


J.A.S.S.
J. Hollenbeck, A. Darche, S. Blaser, S. Boisseau


L'ORPHICUBE • PERCEPTION INSTANTANÉES
A. Darche, S. Rifflet, M. Donarier, F. Ripoche, D. Ithursarry, N. Darche, MV. Cadoret, C. Lavergne, S. Boisseau


DU GRAIN A MOUDRE
movie soundtrack LP by Eric Thomas


HÉLIN & EVRARD • LE CRÉPUSCULE DES IDIOTS
D. Hélin, J-Y. Evrard, L. Evrard, S. Boisseau


2013
ALBAN DARCHE • MY X'MAS TRAX
A. Darche, N. Darche, M. Donarier, F. Ripoche, S. Boisseau, M-V. Cadoret, E. Birault, C. Lavergne, A. Magouët, G. Tamisier


JEAN MARC FOLTZ • VIRACOCHAS (CD+LP)
JM Foltz, C. Marguet, P. Mouratoglou, S. Boisseau


ALBAN DARCHE • ORPHICUBE
A. darche, S. Rifflet, F. Ripoche, M. Donarier, MV Cadoret, N. Darche, C. Lavergne, D. Ithursarry, S. Boisseau


F.M. • THE ORGAN KING
FM, Jeff Halam, Csaba Palotaï, Emmanuel Marée, Baptiste Germser, JL Pommier, G. Tamisier, A. Darche, S. Rifflet, S. Boisseau


LE GROS CUBE • QUEEN BISHOP
A. Darche, P. Benech, E. Birault, S. Boisseau, D. Casimir, G. Coronado, N. Darche, T. De Pourquery, M. Donarier, A. Guillou, C. Lavergne, F. Maurin, Y. Neveu, JL Pommier, S. Rifflet, F. Ripoche, G. Tamisier, A. Vankenhove, S. Boisseau


GÁBOR GADÓ • UNGROUND
G. Gádo, Dave Liebman, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau


WOOD (CD)
Matthieu Donarier & Sébastien Boisseau


SIMON SPANG-HANSSEN TRIO • LUNA MOON
S. Spang Hanssen, C. Lavergen, S. Boisseau


LE CUBE • FRELON ROUGE
A. Darche, C. Lavergne, S. Boisseau


2012
H3B • SONGS NO SONGS
D. Badault, R. Huby, S. Boisseau, T. Arthurs


2011
DANIEL CASIMIR • YOLK EN CUISINE • PHONOTAXIS
D. Casimir, A. Darche, JL Pommier, M. Donarier, S. Boisseau


HANS LÜDEMANN TRIO ROOMS • DIE KUNST DES TRIOS
H. Lüdemann, Dejan Terzic, S. Boisseau


2010
UNIT • WAVIN'
S. Boisseau, M. Donarier, L. Blondiau, V. Kujala, M. Kalio


DENIS BADAULT QUARTET • H3B
D. Badault, R. Huby, S. Boisseau, T. Arthurs


HANS LÜDEMANN • TRIO ROOMS
H. Lüdemann, D. Terzic, S. Boisseau


BUDAPEST CONCERT
A. Darche, G. Gado, S. Boisseau


HAZEBROUCK SEXTET • FRASQUES
G. Hazebrouck, K. Hiriart, N. Larmignat, S. Rouiller, L. Vanhéee, S. Boisseau


2009
EUROPEAN JAZZ ENSEMBLE • 30TH ANNIVERSARY TOUR
J. Kühn, C. Mariano, G. Dudek, S. Sulzmann, T. Levin, D. Humair, M. Schoof, P. Minafra, C. Bauer, A. Skidmore, J. Stivin, M. Schriefl, R. Van den Broek, A. Haurand, S. Boisseau


LAIA GENC & LIAISON TONIQUE 5 • POLYFANGASTRONOSIA
L. Genc, A. Darche, D. Casimir, N. Tegen, S. Boisseau


MKMB • EMOTIONS HOMEGENES
C. Marguet, Joachim Khün, C. Monniot, S. Boisseau



2008
GÁBOR GADÓ • BYZANTINUM
G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, M. Szandai, L. Roszman, B. Fábry, B. Gál, A. Martós, T. Geröly


DANIEL HUMAIR • BONUS BOOM
D. Humair, C. Monniot, M. Codjia, M. Donarier, S. Boisseau


LE GROS CUBE • POLAR MOOD
A. Darche, S. Rifflet, M. Donarier, F. Ripoche, P. Charnois, JL Pommier, D. Casimir, P. Benech, G. Tamisier, A. Besson, L. Blondiau, A. Roulin, G. Coronado, C. Lavergne, S. Boisseau


2007
OLIVA/RAULIN • ECHOES OF SPRING
S. Oliva, F. Raulin, L. Dehors, C. Monniot, S. Boisseau


FRANÇOIS JEANNEAU • QUANS SE TAISENT LES OISEAUX
F. Jeanneau, E. Spanyi, G. Juramie, J. Quitzke, A. Cissoko


STEPHAN OLIVA • LES LIENS DU SANG
S. Oliva, JM Foltz, B. Dox, E. Thielemans, S. Boisseau


LE GROS CUBE VS KATERINE • LE PAX
A. Darche, Katerine, S. Rifflet, M. Donarier, F. Ripoche, P. Charnois, JL Pommier, D. Casimir, P. Benech, G. Tamisier, A. Besson, L. Blondiau, A. Roulin, G. Coronado, C. Lavergne, S. Boisseau


2006
MÄÂK'S SPIRIT • FIVE
JY Evrard, L. Blondiau, J Van Herzeele, J. Dumoulin, E. Thielemans, S. Boisseau


GABOR GADO • OPERA BUDAPEST
G. Gadó, G. Winand, A. Besson, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau, F. Schreck, DV Nagy, A. Acs, K. Bacso, B. Bujtor, B. Fabry


FITTING
K. Olah, K. Bacsó, S. Boisseau


FRANCO AMBOSETTI & EUROPEAN LEGACY • LIQUID GARDENS
F. Ambrosetti, G. Ambrosetti, D. Moroni, D. Humair, S. Boisseau


TRIADE • ENTROPIE
C. Piromalli, N. Larmignat, S. Boisseau


UNIT • TIME SETTING
S. Boisseau, M. Donarier, L. Blondiau, G. Gadó, S. Pasborg


2005
TRIADE • JAPAN EDITION
C. Piromalli, N. Larmignat, S. Boisseau


GÁBOR GADÓ • PSYCHÉ
G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau


LE GROS CUBE • LA MARTIPONTINE
A. Darche, Katerine, S. Rifflet, M. Donarier, F. Ripoche, P. Charnois, JL Pommier, D. Casimir, G. Tamisier, A. Besson, L. Blondiau, A. Roulin, G. Coronado, C. Lavergne, S. Boisseau


2004
GUEORGUI KORNAZOV
G. Kornazov, S. Guillaume, M. Codjia, T. Grimmonprez, K. Lutzkanov, G. Tamisier


MÄÂK'S SPIRIT • STROKE
Samantha 7, Kgafela Oa Moggoodi, Tabuho, JY Evrard, L. Blondiau, J Van Herzeele, J. Dumoulin, E. Thielemans, S. Boisseau


GÁBOR GADÓ • MODERN DANCES FOR THE ADVANCED IN AGE
G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau


ALBAN DARCHE • STRINGED
A. Darche, G. Gadó, S. Boisseau, RTQ String Quartet


2003
A SUIVRE X'TET • VARIATIONS ALTÉRÉES
A. Challéat, A. Besson, S. Bourguignon, P. Desmoulins, JL Pommier, P. Rousseau, JB Réhault, S. Rifflet, O. Thémines, P. Durand, K. Le Marec, N. Larmignat, B. Regnier, S. Boisseau


MICO NISSIM • VICTOR IS DANCING
M. Nissim, J. Bolognesi, J. Aussanaire, J. Mahieux, S. Boisseau


GÁBOR GADÓ • UNKNOWN KINGDOM
G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau


GABRIEL ZUFFEREY • APRÈS L'ORAGE
G. Zufferey, D. Humair, S. Boisseau


DANIEL HUMAIR • BABY BOOM
D. Humair, C. Monniot, M. Donarier, M. Codjia, S. Boisseau


LE CUBE • LE THÉ
A. Darche, C. Lavergne, S. Boisseau, A. Roulin, P. Charnois, G. Coronado


2002
GÁBOR WINAND • CORNERS IN MY MIND
G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, M. Dresch, L. Göz, F. Schreck, S. Boisseau, JH Barcza, E. Balázs


HUMAIR, STAM, FRIEDMAN, BOISSEAU • EAR MIX
D. Humair, M. Stam, D. Friedman, S. Boisseau


GÁBOR GADÓ • ORTHODOXIA
G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau


A SUIVRE X'TET • PARIS CALVANCE
A. Challéat, A. Besson, S. Bourguignon, P. Desmoulins, JL Pommier, P. Rousseau, JB Réhault, S. Rifflet, O. Thémines, E. Amrofel, K. Le Marec, N. Larmignat, B. Regnier, S. Boisseau


2001
GÁBOR GADÓ • HOMEWARD
G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau, G. Winand, M. Dresch, F. Kóvacs, M. Szandai, E. Balázs


LE CUBE • AUTORITÉ CULINAIRE
A. Darche, A. Roulin, C. Lavergne, S. Boisseau, G. Tamisier


2000
TRIADE • L'ARDU
C. Piromalli, N. Larmignat, S. Boisseau


1997
TRIADE
C. Piromalli, N. Larmignat, S. Boisseau


Stephan Oliva (p), Tom Rainey (dms), S. Boisseau (b)

Télérama : 4 ffff - « Ce disque est somptueux (...) une fois dedans, on ne veut plus en sortir»

ORBIT
Enregistré au Studio La Buissonne, par Gérard De Haro, 2018

 

Chronique parue sur lesdnj.over-blog.com par Xavier Prévost

"Les quelques chroniques déjà parues font largement état de l'acronyme qui désigne le groupe et le disque tout à la fois : initiale des musiciens, O, R, B, et I.T. pour international trio. Bon, c'est fait.

Le discours d'escorte qui accompagne le disque file la métaphore du circulaire et de l'ellipsoïdal, même si moins de la moitié des titres y fait référence. La musique, dira-t-on, peut en attester plus largement. Certes. Mais écoutons-la sans cette grille communicationnelle. La première plage, Split screen (référence aux écrans fragmentés, divisés, du multimédia ubiquitaire?) me fait penser à Lennie Tristano. Stéphan Oliva est un fan, et un grand connaisseur, de ce Maître du lyrisme tranchant, souvent abusivement taxé de froideur, quand il s'agit plutôt de poésie fracassée, déconstruite (et, comme la mer de Paul Valéry, «toujours recommencée»). J'entends cela ici, et beaucoup d'autres choses : l'escapade sérielle, la segmentation thématique, l'interaction subtile des voix (et la batterie n'est pas de reste).

Parlons du batteur. Tom Rainey est un monument de précision pertinente, et pourtant son drumming respire la liberté, comme celui de Paul Motian, avec qui le pianiste avait enregistré («Intérieur», night bird music, 2001) : technique supérieure chez Rainey, mais même sens poétique. Ne me demandez pas ce qu'est la poésie d'un batteur : je la sens, je la ressens, mais je renonce à tenter de la formaliser, et même de la formuler ; je crois bien que j'en suis incapable, peut-être devrais-je m'abstenir d'écrire.... Le dialogue, ou plutôt le trilogue, se joue tout au long du disque, plage après plage, selon cette indicible clarté.

Suit une composition de Sébastien Boisseau : mouvements libres, convergence des pensées et des choix musicaux, magie et mystère, liberté, poésie encore.... Voici Gene Tierney, que le pianiste avait déjà évoquée dans son disque «After Noir (piano gone)» (sansbruits sbr013, 2011), poésie, mystère, encore (je m'enlise!) profonde musicalité, interaction fine (très fine!). Bref, quand je ne m'enlise pas, je m'égare....

Et cela se poursuit au fil des plages, compositions du pianiste et du batteur, plus le formidable Inflammable de Marc Ducret : c'est parfait, parfaitement captivant, alors si vous voulez me suivre dans mon égarement, plutôt que de vous infliger un commentaire de chaque titre (un petit mot quand même de Around Ornette, avec citations furtives -et jouissives parce que furtives- de Turnaround ), je vous propose de vous plonger dans le disque : pré-ci-pi-tez-vous pour l'acquérir ! Je vous conseille l'administration par voies auditives (ne le mangez pas!). Et puisque le groupe est en tournée (dates ci-dessous) ajoutez une bonne dose saisie sur le vif du concert."

 

 

Chronique album:

Télérama : 4 ffff - « Ce disque est somptueux (...) une fois dedans, on ne veut plus en sortir»
Jazz Magazine 4 étoiles: «  trio exceptionnel » , «  Poétique? certes, mais roboratif »
Chronique les DNJ : "pré-ci-pi-tez-vous pour l'acquérir !"
Latins de Jazz « … une réussite absolue »
Qwest TV «  à la fois sucrée et salée, toujours en tension entre lyrisme, acidité rythmique et subtilités harmoniques. »
Elu Citizen Jazz «  Orbit place l'interaction au cœur de son dispositif et renoue avec un jazz élégant et nocturne qui privilégie un lyrisme d'une grande puissance. »
Le GriGri «  un jazz lunaire et impressionniste »
Académie du Jazz «  musique foisonnante, ondulante, ondoyante »
Culture Jazz «  ce trio est juste parfait d’élégance, de finesse et de créativité »
Zarbalib.fr « …disque magnifique »
https://www.clap.coop/jazz-in-arles-2019/ : "Leur nouvel album Orbit nous emporte grâce à un échange piano-contrebasse-batterie d’une grande richesse."
Qobuz : « L’équilibre est parfait »
Entréedupublic: « l’ouvrage d’un trio magnifique »

Radio :

Radio « Onemanjazz » (Canada) «  un album exceptionnel »
Radio Jazz Today (UK)
Radio Art District "Jazz Spot" (FR) «  une fusion époustouflante », « compositions complexes et limpides » « magnifique trio »
Radio Couleurs Jazz Week
Partenariats noués:

Radio Gri Gri : exclu d’un titre « Lonyay Utca » paru le 16 avril.

Compte-rendu Live :

Jazz Magazine Jazz in Arles «  l’authenticité d’un jazz qui donne du plaisir dès la première écoute. »
Photos Florence Ducommun sur FB: «  trois musiciens en interaction juste parfaite qui ont joué avec un plaisir tellement palpable pour le public! »

 

A. Darche, JL Pommier, S. Boisseau

Clover est une matière inédite.
Après 20 ans d’une étroite collaboration artistique et humaine déjà clairement concrétisée par la création du label Yolk et nombre de projets collectifs, les trois compères Alban Darche, Sébastien Boisseau et Jean-Louis Pommier formalisent ici un autre rêve longtemps différé : faire de ce trio de directeurs artistiques, de fondateurs de label, de porteurs de projets une véritable formation musicale.

Clover marque son entrée en scène par un programme résolument poétique. Des pièces mélodiques écrites comme des écrins prêts à recevoir cet objet incernable qu’est la poésie. Elle est ici proposée comme une suspension du temps, ce temps que la musique n’a de cesse de multiplier, diviser, assembler, pour créer des formes qui portent du sens.

Clover n'a d’autre revendication que le plaisir du partage et l’expression des sentiments.


M. Hermia, K. Ikonen, T. Verbruggen, S. Boisseau

 

L’Orchestra Nazionale della Luna – quel nom ! ? – nous donne à écouter du jazz brillant, virtuose, résolument décoiffant, sur un rythme effréné.

Enregistré à l’AJMi le 1 décembre 2017
Parution : octobre 2018

Prise de son, mixage et mastering : Bruno Levée, AV2R

Distribué par : Absilone
Création graphique : Didier Mazellier


 

Hans Lüdemann, Yves Robert, Silke Eberhard, Alexandra Grimal, Théo Ceccaldi, Kalle Kalima, Dejan Terzic, S. Boisseau

recorded in november 2015
With this album we open a new musical chapter – and can indirectly connect to past chapters in European Jazz history. The “TransEuropeExpress” (T.E.E.), has a lineup that is in the middle between the common small groups in Jazz and the bigband und that successfully unites musical mobility and improvisatory freedom with a broad palette of colours. It is conceived in a way that it gives room for improvisation also outside of soloistic contributions and it achieves a transparent chamber music sound. In this octet outstanding musicians of contemporary French and German Jazz have united to draw creative energies from the dispute and fusion of their different dialects and to form colourful and multilayered images of European Jazz.
A. Darche, C. Cailleton, Olivier Laisney, S. Payen, D. Ithursarry, N. Darche, C. Lavergne, S. Boisseau

Une fresque détonante en cinémascope. De la musique à écouter et à danser !

« Je souhaite restituer une musique qui exprime immédiatement la somme des souvenirs acoustiques ancrés en chacun de nous » explique Alban Darche pour présenter son Orphicube.

Il parle aussi de « bandes-son de nos existences », de « bande originale d’un film imaginaire. »
« Bandes-son de nos existences. » « B.O. d'un film imaginaire. » Atomic Flonflons, c'est exactement ça : pas moyen d'écouter les douze morceaux du nouvel album de l'Orphicube sans que vos neurones ne se mettent à mouliner pour puiser des images au fin fond de votre mémoire.

Des scènes vécues. Ou pas. Des lieux familiers. Ou rêvés. Des couleurs. Des corps. Des qualités de lumière. Des qualités d'air : limpide et vif, moite et enfumé. Du brouillard et de la lucidité.
À chacun son vécu. À chacun sa base de données, bien rangée ou en foutoir, entre os frontal et occiput. C'est là, directement, que puise la musique d'Atomic Flonflons.
Une nostalgie accordéonnière. Un roulement de tambours à la Luis Prima. Une voix haut posée sur canapé de sax. Une Paloma teutonne. Une java (forcément) canaille. Une clave sud-américaine, une mélodie française fin XIXe, une croonerie du milieu du siècle suivant…

À chaque fois, les images apparaissent : un cabaret berlinois, l'aura chaleureuse d'un bar qui éclaire la nuit au bout d'un quai mouillé, la nostalgie rose bonbon d'une héroïne de Demy, le clin d'oeil coquin d'une Betty Boop.
À chaque fois, on se retrouve en terrain étrangement familier. Les « marqueurs » stylistiques sont là, affirmés. Mais ce sont des repères qui tracent des perspectives aussi trompeuses que ces miroirs déformants des palais des glaces des fêtes foraines : on s'avance, sûr du chemin qu'on emprunte, mais c'est pour mieux se cogner à un inattendu changement de direction.

Dans chaque morceau on commence par s'installer dans un décor familier avant de se rendre compte qu'il s'est produit une sorte d'accident spatio-temporel qui nous a plongé dans un univers parallèle.
On perçoit, on ressent des distorsions. Cette étrangeté pourrait déranger, bloquer, paralyser. Mais non.

Quand on écoute des titres aussi explicites que « Tango vif», « Musette », « Ragtime », « Java » ou « Rythm Song », même si le rythme est (volontairement) bancal, la pulsation s’impose.

Faudrait pas grand-chose pour qu'on se mette à danser...

Thierry Mallevaës

 

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« I want to explore the sonic memories deeply rooted in each of us, like a soundtrack of our lives and of our imagination »
This is how Alban Darche talks about his band L’Orphicube.

« Atomic Flonflons » takes a hard look in the mirror, as a way to speak to us all. The twelve new tracks get your mind looking for old photographs, and stories down memory lane.
Experiences and familiar places blurred by time, become dreamy as if they never existed. Each of us has built a story out of our own lives. The facts are as important as the fiction we fill the blanks with.
That is where « Atomic FlonsFlons » comes from.

Playing with genres, symbols and name-dropping (accordeons, 19th century melodies, Tango, Muzak, Ragtime…) through time and space; the album always clings to memory or a fantasy, whether it’s a European cabaret from the twenties, a Demy soundtrack or Betty Boop’s naughty wink.

Each tracks brings up the strangely familiar. Like a mirage, a game of mirrors and smoke, the straightforward path we’ve been led to is never like we expected it to be. Turning the listening experience into thrilling adventure.
All these recollections do not forget that what we remember the best is usually effortless like a foot stomping to a swinging pulse.

Let’s dance.

A. Vankenhove, Uri Caine, Jeff Ballard, S. Boisseau

La rencontre avec Uri Caine, compositeur et pianiste émérite (Variations Goldberg-

Syndrome of Othello) a été l’occasion de découvrir « de l’intérieur » sa musique.

J’ai été immédiatement séduit par sa façon si singulière d’appréhender le répertoire classique, en faire émerger l’essence, lui donner un nouvel éclat par l’apport de sa culture jazz, avec un brio et une légèreté qui n’a pas d’égal dans le monde la musique aujourd’hui.

Lors de mon passage dans le Lester Bowie Brass Fantasy, j’ai été fort marqué par cette musique aux couleurs teintées de cette si atypique « serious-fun » attitude. Cette vision mélangeant une musique réfléchie à l’énergie des musiques populaires n’a cessée de me poursuivre et marquer de son empreinte ma façon de faire la musique.

Ce que je retiens de mes années de jeunesse « hors musique » ou j’apprenais le dessin d’objets industriels, c’est la position de l’œil sur l’objet. Je n’ai cessé de faire de même avec la musique, changer d’angle de vue, pour donner au processus d’écriture plus de relief, plus de justesse, plus de richesse.

Après une image sonore « beyound mountains » très contemporaine, où mes univers improvisés et écrits du moment s’intriquaient à plaisir, j’explore, avec « point of views » les surfaces et profondeurs de l’héritage du jazz modern, inspiré de mes plages « Blue Note » préférées, et nourrit par mes expériences dans les musiques européennes.

Par cette rencontre, j’ai voulu confronter nos points de vues, si proches et si lointains, subtilement empreints d’expériences communes dans les musiques écrites et improvisées.

« Point of views » devient le reflet de nos expériences, une passerelle entre deux continents, deux territoires, deux cultures, le jazz et la culture européenne.

J’ai voulu une formule à quatre musiciens pour exprimer ce partage de points de vues, alors quoi de plus réjouissant que de convier deux compères aguerris, Sébastien Boisseau, à la contrebasse et Jeff Ballard, à la batterie pour poser ensemble les jalons de ce nouveau répertoire et magnifier cette rencontre.

Musicalement vôtre,

Alain

Hans Lüdemann, Dejan Terzic, S. Boisseau

Blue is the color of infinity. Circular movements and cycles are basic principles of life. As musical elements, they are associated with movement and rhythmic energy – as repetitive figures, which charge themselves continually with new energy, stimulate each other and finally start to rotate and dance. To awake such primal forces and to make them audible and perceptible is one of the objectives of the trio ROOMS. They are translated into a sensual and physical musical approach. The musicians embody these musical elements and forces, they are continuously charged with their energies and transfer those to the listener in musical processes.
D. Chevallier, Ch. Lavergne, S. Boisseau

Label / Distribution : Cristal Records

 

« Depuis Standards & Avatars (consacré à une relecture de quelques standards de jazz) sorti voici trois ans, cette formation a effectivement gagné en densité et développe à présent une sonorité générale profonde et agile. Une répartition équilibrée des voix permet aux musiciens d’investir les moments de bravoure qui parsèment le parcours avec l’intelligence qu’on leur connaît (sur “Dodici” pour Boisseau ou “Slide” pour Lavergne). »

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M. Hermia, K. Ikonen, T. Verbruggen, S. Boisseau

Founded by its chief conductors Manuel Hermia and Kari Ikonen in 2015, Orchestra Nazionale della Luna has quickly become one of the most important orchestras on the Moon.
Its diverse and highly original repertoire, and its inventive and energetic way of playing is fascinating lunatics and jazz lovers all over the Moon and even on Earth.


“Those who believe that everything has been said about the sax-piano-bass-drums quartet have not yet heard Orchestra Nazionale Della Luna: these four will shake their ears!” -Jean-Pierre Goffin, Jazzhalo (BE)

“We are dealing here with a true European-style formation, a perfectly welded quartet, based on a constant interactivity between the two soloists, but also within the rhythm section: Boisseau and Verbruggen are constantly at work, listening to each other, and sharing the obvious pleasure of playing. A music that carries you away like a tidal wave. To discover also in concert!” -Claude Loxhay, JazzAround (BE)

The Orchestra has performed at Bimhuis in Amsterdam, Unterfahrt in Munich, BMC in Budapest, and many venues & festivals in Finland, Belgium, France, Italy and the Moon. Its second album will be released universewide in January 2020.

J. Hollenbeck, A. Darche, S. Blaser, S. Boisseau

Réputée ancienne, voire rustique, le Jass est une plante vivace qui plonge tout autant ses racines dans les terres les plus fertiles que dans les sols densément calcaires. On l'a aussi vu pousser entre les pavés de la « Lonyay Utca », la grande rue de Budapest construite sur les limons du Danube. Les trépidations urbaines, faites de rythmiques imprévisibles et de claquements de cordes vigoureux, n'empêchent pas les feuilles de s'étendre jusqu'au rayons du soleil pour préparer la floraison. En plantant ses rhizomes pas très loin du fleuve nourricier de l'Europe Centrale, le Jass prend une couleur différente. Il varie ses épices et modifie ses fragrances, plus chaleureuses, plus épineuses... Ailleurs il y aura quelques influences transatlantiques, de Nantes à New-York, même de Côte Ouest à West Coast, qui pollinisent d'herbes vivaces les champs de Jass comme on souffle sur les pissenlits.

C'est tout le travail des quatre pépiniéristes. Sélectionner les graines qui offriront des floraisons multiples au gré des saisons ; des boutons timides tôt sortis des frimas de « Ansia da Separazione » où du tutti discret des soufflants s'échappent quelques notes boisées. Plus loin dans le printemps, les odeurs opiacées et complexes de « Forced Empathy » qui se mêlent dans une impressionnante sensation d'étourdissement, aux franges de l'ivresse. Le Jass offre des arômes capricieux mais un raffinement certain. Déjà la récolte précédente avait diversifié les essences, sous l'impulsion, même l'alchimie de la contrebasse et de la batterie. A force de bouture et de greffe, la plante est en mesure de pousser à partir de rien, jusque dans les jardins mal fréquentés. Tout est profitable à la fleur : la canicule de « Wagonnet Song » où la contrebasse de Sébastien Boisseau est chauffée à blanc par la batterie irradiante de John Hollenbeck sous les orages intermittents où tonne le chant de Samuel Blaser. La pluie fine et placide de « Missing Marc Suetterlyn » qui transforme le champs en terrain lourd dans lequel le ténor d'Alban Darche trace de profondes saignées. Pour réussir une belle saison, il faut une alternance de soleil et de nuage, un balancement, un contraste. Un équilibre qui se nourrit des temps mais surtout des contretemps. C'est le plus sûr conseil de nos agronomes. De même que la patience et la méticulosité sont les qualités primordiales pour cultiver sereinement son jardin.

Produit avec passion, dans le respect de son biotope, la plante ne peut que s'épanouir avec grande majesté. Évidemment, tout ici est organique, « Bio », sans pesticides ni engrais agressifs. Les feuilles grouillent de menus détails et de nervures solides d'où jaillit une sève sucrée et nutritive, souvent parfaitement improvisée. Avec ce quartet, qui aime l'espace et le grand vent, la nature reprend ses droits et ses cycles. Reste le dicton populaire, immuable sagesse qui sied à toute fiche jardinage : « Si à la Saint-Ignace, l'eau reste de glace, à la Saint-Alban, le Jass prend du bon temps ».

Franpi Barriaux

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[ENG]

It is said that Jass goes back far into the distant past. It is a rustic, perennial plant that roots deeply in soils, ranging from the most fertile to the chalkiest. It has even been seen to sprout between the paving stones of the “Lonyay Utca”, Budapest’s high street, built on the silt bed of the Danube. Even the noise and bustle of the city, with its unpredictable rhythms and the clattering of vigorous strings, does not stop its leaves from reaching up to embrace the sun’s rays as it prepares to burst into bloom. When its rhizomes are planted close to the river that irrigates the whole of Central Europe, Jass takes on a variegated hue. With warmer fragrances it is spicier… and spikier too. It can be influenced by transatlantic gulf streams, from Nantes to New York, and even climatic differences between East and West Coast, pollinating the fields of Jass with other perennials likes seeds blown from a dandelion clock.

This is where the nurseries and gardeners come in. To select seeds that will enable multiple blooming at different seasons; shy buds peeping through the frost of “Ansia da Separazione” or discrete tutti from the reeds releasing woody notes. Further into spring, the opiate and complex fragrances of “Forced Empathy”, blending into a powerful, heady sensation, on the edges of ecstasy. Jass offers capricious but undeniably sophisticated aromas. The last harvest, under the alchemical influence of bass and drums, bore the imprint of many different essences. Regular cutting and grafting has endowed the plant with the capacity to grow ex nihilo, even in the seediest gardens. The flower is at home everywhere: in the heat wave of “Wagonnet Songs” where Sebastien Boisseau’s upright bass is made white hot by the irradiating drums of John Hollenbeck, and under the intermittently thunderous skies of Samuel Blaser’s trombone. The fine, peaceful drizzle of “Missing Marc Suetterlyn” makes the heavy soil through which Alban Darche’s tenor ploughs deep swathes. Perfect seasons alternate sun and cloud. A balance nourished by beat and, more importantly, counterbeat. This is what our agricultural engineers recommend. Like the patience and attention to detail that are the prime qualities of the successful gardener.

Nurtured with passion in a favourable biotope, the plant will flourish in its fullest pomp. Of course, everything here is organic, with neither pesticides nor aggressive fertilisers. The leaves are alive with tiny detail and solid veins yielding a sweet, nutritive sap, often completely improvised. With this quartet, a lover of big landscapes and strong winds, nature reclaims its rights and its cycles. As the popular saying, quoted in many a gardener’s almanac, goes: “If at the Saint Bernard, the lake is frozen hard, by Saint Valentine the Jass will be doing just fine.”
Franpi Barriaux


Recorded by Andreas Stoffels at Studio in der Remise, Berlin, in June 2015. www.studioremise.com
Mixed and mastered by Dave Darlington at Bass Hit Recording, NYC. www.davedarlington.com
With special thanks to Olivier Ménard at CornerBox studio and Alain Herard at kontrabassberlin.de
LinerNotes written by Franpi Barriaux in May 2016. www.franpisunship.com, translated by Alan Fell.
John Hollenbeck plays Zildjian cymbals and crotales.
Alban Darche plays D'Addario Woodwinds reeds and Selmer saxophones.
Samuel Blaser plays and endorses Yamaha.
Sébastien Boisseau plays D'Addario strings.

“mix of sun and clouds” has been made possible through the French-American Jazz Exchange, a joint program of FACE (French American Cultural Exchange) and Mid Atlantic Arts Foundation, with generous funding from the Cultural Services of the French Embassy, Doris Duke Charitable Foundation, Florence Gould Foundation, Andrew W. Mellon Foundation, Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique (“SACEM”), Institut Français and the Ministère de la Culture et de la Communication.
J. Hollenbeck, A. Darche, S. Blaser, S. Boisseau

À la fois improvisateurs et compositeurs, il était naturel que ces quatre-là se re ncontrent : pour Samuel Blaser et Sébastien Boisseau, ce fut sur la scène de l’European Jazz Orchestra, John Hollenbeck et Alban Darche avaient tous deux été commandités en écriture et en arrangements par l’ONJ. J.A.S.S. est l’acronyme de leur prénom, mais aussi une écriture du mot jazz. J.A.S.S. est également un ensemble collaboratif où chacun propose pour que le collectif dispose

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Enregistré à l’AJMi le 22 mars 2014

Parution : 6 novembre 2015

Prise de son, mixage et mastering : Bruno Levée, AV2R
Distribué par : Absilone
Création graphique : Didier Mazellier

D. Chevallier, Ch. Lavergne, S. Boisseau

“Après avoir exploré des répertoires allant de la musique ancienne à la pop, la guitariste revient là où l’on ne l’attendait pas, avec un projet consacré aux standards.

Tout, dans cet album, semble viser à l’essentiel : l’instrumentation  resserrée du trio, tout d’abord, où David Chevallier renonce aux théorbe, banjo et autres douze-cordes qu’on l’a entendu pratiquer ailleurs, au profit de la seule guitare électrique. Le répertoire, ensuite, qui, à travers dix standards parmi les plus joués, le ramène à ses fondamentaux de jazzman. Pour autant, on s’en doute, le guitariste n’est pas du genre à se contenter d’une interprétation traditionnelle de ces classiques, pas plus d’ailleurs qu’il ne cherche à les détourner ou à les dissoudre dans un grand bain déconstructiviste. La démarche, autrement subtile, semble plutôt consister à travailler au corps chacune de ces compositions intimement connues, pour en extirper la substantifique moelle, le trait élémentaire qui en définit l’identité.

Dans le superbe arrangement de The Man I Love qui ouvre le disque, par exemple, les changements de métrique, loin d’être de simples gadgets, épousent intimement la structure de la chanson, en dévoilant les ressorts secrets, tandis que dans You and the Night and the Music, c’est le motif chromatique obsédant de la mélodie inaugurale qui va être renforcé et développé.
Surtout, aussi loin qu’il les amène, Chevallier n’oublie jamais l’esprit de ces chansons, leur sens profond : You Don’t Know What Love Is particulièrement mélancolique, Strange Fruit sordide et menaçant, The Way You Look Tonight léger et primesautier… Ajoutez-y une entente télépathique entre trois musiciens de haut vol, rompus aux acrobaties rythmiques les plus folles, et vous obtenez un album qui vaut le détour !”

Pascal Rozat – Jazz Magazine
A. Darche, J. Irabagon, J. Dumoulin, Ch. Lavergne, S. Boisseau

"Au commencement il y avait Le Cube, trio angulaire base de toutes mes déclinaisons cubiques.

À propos du trio Franck Bergerot disait : « Il est peu de saxophonistes identifiables comme Alban Darche, parce qu’il a une écriture – qu’elle soit déposée sur le papier où qu’elle trame ses improvisations – à nulle autre pareille. […] C’est frais, plein d’humour, d’une fausse-vraie désinvolture qui m’évoque la statuaire de Max Ernst. »

Depuis 14 ans, Le Cube n'a cessé de convier des personnalités fortes à teinter son discours.
Ici, en invitant le saxophoniste américain Jon Irabagon et le claviériste Belge Jozef Dumoulin à joindre Le Cube, je crée un HyprCub qui affirmera fortement les héritages qui nourrissent ma musique : Les jazz américains et européens, qui, s'ils ont longtemps été distingués, évoluent aujourd'hui pour se fondre dans une expression contemporaine riche des apports de chacun.

Dans l'HyprCub on retrouvera tant les contretemps déphasant d'un Steve Coleman que la sensualité féminine du souffle d'un Paul Desmond. L'HyprCub refusera de s’endormir dans un style, il continuera de faire bouger les frontières, poursuivant l’idéal d’une musique universelle où tout est à prendre et à apprendre.

Une musique à plusieurs dimensions ?

"À l’instar d’un peintre cubiste je souhaite restituer une musique qui exprime immédiatement la somme des souvenirs acoustiques ancrés en chacun de nous, réminiscences de la musique que forment les bandes-son de nos existences. Une perception instantanée de la bande originale d’un film imaginaire.
« Ma » musique doit être perçue par chacun comme il l'entend, mais j'aime lui conférer plusieurs niveaux de lectures. Un premier angle d'écoute - une première dimension - donne à entendre des mélodies reconnaissables, des pulsations évocatrices qui parlent au corps. Une deuxième écoute permet de discerner des subtilités moins apparentes : polyrythmies que je souhaite espiègles, contre-chants inédits ...
Plusieurs dimensions donc, oui. Au premier degré dans mes différents orchestres cubiques, au second degré dans le ressenti de la musique, du corps d'abord à l'esprit ensuite."
Alban Darche



“In the beginning there was Le Cube…

the cornerstone trio, the base off all cubic experiments. French journalist Franck Bergerot said of the trio “there are few sax players as identifiable as Alban Darche, because he has a style – be it written on paper or when he's improvising – like no other similar... It is fresh, full of humor, a false-true impertinence which reminds me of th statuary of Max Ernst.”

In the last 15 years, Le Cube has not ceased to invite strong personalities to colour its conversation. Here, by inviting the American saxophonist Jon Irabagon and the Belgian keyboard player Jozef Dumoulin to join Le Cube, I have created a HyprCub which confirms strongly the heritage that feeds my music: American + European jazz which, if for a long time were distinct, evolve nowadays to create a rich contemporary expression of each contribution.

In HyprCub we rediscover equally the off beats of Steve Coleman, as well as the feminine sensuality of the sound of Paul Desmond.
HyprCub refuses to contain a particular style, it aims to move frontiers, to pursue the ideal of a universal music where everything is to be used and learnt.

A music with several dimensions?

"Like a cubist painter, I whish to create a music that express immediately the sum of the acoustic memories deep inside each of us, reminiscent of the music that forms the sound track of our existence. An instant perception of the music of some imaginary film...
“My” music must be perceived by each as one wishes to ear it, but I like to offer several levels. The first angle (or dimension) gives recognizable tunes, evoking beats that speak to the body. At second listening one can discern subtleties less apparent: polyrhythms that I hope are tricky, original counter melodies...
Several dimensions therefore, yes! The first level in my different cubic orchestras, the second level in the feeling of music, body first and mind next.”
Alban Darche, November 2014
Matthieu Donarier & Sébastien Boisseau

WOOD sonde patiemment la matière, fait jaillir les résonances, creuse les silences, patine son chant jusqu’à l’épure.

Groupe de scène avant tout, ce duo de l’instinct et de l’instant démonte et remonte sans cesse ses compositions, improvise des hymnes à l’amour, des ryhtmiques improbables qui progressent sur le fil de l’inconnu, des chants d’oiseaux jamais entendus jusqu’alors. WOOD rend hommage à Duke Ellington et revisite Joachim Kühn avec la même force de propos. Les racines sont ancrées dans la terre du jazz, pour autant les branches sont multiples, pleines de fruits.

Leur musique coule de source : bien malin qui peut dire où commence l’improvisé, où finit l’écriture… c’est une des forces de ce duo, qui confirme définitivement la complicité de ces orfèvres que sont Sébastien Boisseau et Matthieu Donarier.

LA PRESSE EN PARLE

"Une réussite. Le disque s’écoute comme une seule et longue suite formant un arc musical tendu. Une longue histoire d’une grande beauté. Avec une assurance décontractée, dans un style très tonal, presque classique, les pièces s’enchaînent de manière fluide - peu de ruptures, peu de cris, le discours est suave sans être poli, les voix se répondent avec honnêteté, sans effets de style superflus."
Matthieu Jouan - citizenjazz.com

"Une musique où la puissance s'impose comme une force tranquille et immuable, sans aucune espèce de fioritures mais avec une énergie naturelle, souple et massive […]
Il n'y a pas à chercher bien loin pour tomber amoureux de ce disque addictif. Le bonheur est au coin du bois."
Franpi - franpisunship.com

"Voilà un disque qui m'a plu énormément. D'abord parce qu'une seule écoute ne suffit pas à en épuiser le suc. Ensuite parce que la variété sans incohérence de l'ensemble procure un réel plaisir. Parce que, aussi, les 2 artistes sont de merveilleux musiciens. Parce que l'album n'est ni trop long ni trop court. Mais aussi, et surtout, parce qu'il y a une réelle pensée derrière la production."
Ludovic Florin

"Un charme essentiel, la beauté du son - des sons […] La musique offerte par Wood, parce que belle et située hors des courants et des clichés, apaise et rassure"
Eric Quenot - Jazz Magazine/Jazzman, CHOC dans le n° de mai 2013

"C'est toute leur musique qui sent le bois. Le bois des anches de Donarier, le bois de la contrebasse de Boisseau."
Franck Bergerot Jazz Magazine/Jazzman, 3 pages dans le n° de mai 2013

"Sans filets, dans le plus grand épurement, l’expressivité mise à nue des deux musiciens donne lieu à un dialogue passionnant."
Sébastien Bertho - Tohu-Bohu

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[ENG]

Wood patiently probes into matter, makes harmonics gush forth, digs into silences, embellishes its song all the way to purity.
A stage band before all, this duo relies on instant and instinct to put apart and reassemble its compositions ceaselessly, improvise hymnes to love, improbable rhythms which follow the ebb and flow of the unknown, bird songs that have never been heard before.

Wood pays tribute to Duke Ellington and revisits Joachim Kühn with the same strong stance. The roots go deep into jazz soil while the branches are many and fruitful.
Their music flows naturally: Who knows where the improvisation starts and where the writing ends.... it is one of the strenghts of this duo, which definitely confirms the complicity between the fine artists that are Sébastien Boisseau and Matthieu Donarier. They will release their first opus by Spring 2013. Under the Yolk label, naturally.


reviews...

"Boisseau & Donarier belong to the young generation of improvising musicians who - following the work of artists like Louis Sclavis - play a kind of music that could be labelled as typically European, while freeing themselves from the emphasis on the cultural distinctiveness of French music: the duo of double bass player Sébastien Boisseau and reed player Matthieu Donarier is as much influenced by classical music. They also have in common their membership to Daniel Humair 's groups. Their vision of sound is playful, with an effective and accurate use of unconventional effects, but apart from that, their emphasis is on the lyrical side and clear form of their compositions. They are at their best when they allow themselves space to calmly explore their detailed and subtle sound, thus creating a firm musical tension. We hear a lot of jazz in their improvisations, but the result of their cooperation leans mostly towards transparent chamber music."
Ken Vos

"Within this new generation of French saxophone players that appeared in the 90's, Matthieu Donarier from the Loire region is undeniably one of the most gifted, the most relevant and the most wanted by the great names of this music (he has been a noticeable part of Daniel Humair, Patrice Caratini, Stephan Oliva's ensembles). Sébastien Boisseau is one of today's most remarked double bassist and he enjoys a great reputation . Just like a new Jean-François Jenny-Clarck ! Their meeting in a duo is a musical jewel »
Le Mans Europa Jazz Festival

"Their duo is an evidence full of surprises...
When one of the two flies away, the other makes sure to keep his two feet on the ground, so that their music always dithers between the earth and the sky.It is light, fluid and utterly mastered. One can perceive the complicity at once, or even more, this telepathic bond which leads them to choose at any time what seems to be the most suitable option to what the other one puts forward."
Olivier Acosta, www.mozaic-jazz.com
J. Hollenbeck, A. Darche, S. Blaser, S. Boisseau

JASS as in John, Alban, Samuel, Sébastien. Or as in jass, a centuries-old card game for four players, also called chibre, that is popular to this day in Switzerland and in the Austrian region of Voralberg. Or also as in jass, the term used by the Original Dixieland Jass Band lead by Nick La Rocca in March 1917 for the very first jazz-album recording.*
Thus Jass can be viewed as a semantic connection of little importance or simply an amusing etymological coincidence.
One might also suppose that some perceptive intuition, chance encounters and unplanned events such as Alban Darche’s admiration for John Hollenbeck’s Claudia Quintet and his fortuitious meeting with their drummer, the development of a real bond between Samuel Blaser and Sebastien Boisseau or the playfulness shared by the four protagonists have guided them to reveal an aesthetic glee generated by a music both modern and deeply rooted in jazz history. A music that is eminently collective, that is expertly composed but yet its natural flow allows the meaning to emerge as much in the silences as in the musical motif wrought from listening to each other’s ideas and feelings.
A first concert in Berlin in July 2011 and later, an artist's residency in Nantes in January 2012 (where the current album was recorded ) were sufficient for these four highly demanding musicians to create, in such a natural fashion, a striking sequence of original themes whilst maintaining the group performance at its heart, whilst keeping in check demands of organisation and balance in order to allow free-flowing elements of interference, of effervescence, of intoxication and yet avoiding being side-tracked on an excess or effusiveness.
As compact and well-constructed as it appears, this music cannot be easily encapsulated by one single interpretation. It invites the listener to create one’s own impression derived from the different alternatives suggested by it’s framework and networked connections which suggest that at any moment anything is possible. The precise attention given to the form of each piece and the constant concern for a clear structure are a fertile basis for the melodic voice and the many micro-narratives which intertwine consistently on a palette of incandescent chromatics.


Bernard Aimé
translation by Catherine O'Mahony

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[FR]

JASS, soit John, Alban, Samuel, Sébastien. Soit aussi jass, ce jeu de cartes ancestral, également appelé chibre, toujours très populaire en Suisse et dans le Vorarlberg autrichien, qui se joue généralement à quatre. Soit encore jass, ce terme apparu pour le tout premier enregistrement d’un disque de jazz, en mars 1917, par l’Original Dixieland Jass Band mené par Nick La Rocca*… On peut voir là un rapprochement sémantique anodin ou une coïncidence étymologique amusante. On peut aussi présumer quelque intuition perforante si l’on tient compte que c’est avant tout des jonctions fortuites et des situations non préméditées – l’admiration d’Alban Darche pour le Claudia Quintet de John Hollenbeck et sa rencontre avec le batteur, la confirmation d’une vraie complicité entre Samuel Blaser et Sébastien Boisseau, le goût du jeu et des confrontations partagé par les quatre protagonistes – qui ont mis au jour l’intense jubilation esthétique générée par cette musique à la fois résolument moderne et intimement ancrée dans l’histoire du jazz. Une musique éminemment collective dont la construction savante mais toujours fluide laisse percer le sens – sous l’aiguillon des idées et des sensations tirées de l’écoute de l’autre – autant dans les silences et les à-côtés que dans le cheminement narratif.
Une première expérience à Berlin en juillet 2011 puis une résidence à Nantes en janvier 2012 (dont est issu le présent enregistrement) auront donc suffi à quatre musiciens exigeants pour mettre en œuvre, en parfaite décontraction, l’ordre remarquable de cette traversée de thèmes originaux laissant le jeu d’ensemble au cœur de la trajectoire, maîtrisant et dépassant un besoin d'organisation et d’équilibre pour initier à des formes de perturbation, d’effervescence, d’ivresse, de jouissance, sans s’égarer jamais ni dans la profusion, ni dans l’effusion.
Aussi compacte, construite et réfléchie qu’elle apparaisse, cette musique ne formule cependant pas une détermination unique ; elle invite à une écoute créatrice à partir des alternatives multiples que suggèrent sa trame et son réseau de correspondances improvisées, lorsqu’il s’avère qu’à tout instant tout est possible. En ce sens l’attention très précise portée à la forme de chaque pièce, et parallèlement le souci constant de la structure lisible, constituent un terreau fécond pour que, dans un même élan, les voix mélodiques, comme autant de micro-récits, s’enchevêtrent pour se concentrer sur une palette consistante au chromatisme brûlant.

Bernard Aimé

* « En général, il y a association de jass (ou jazz) à la danse, la vitalité, l’acte sexuel », nous rappelle le Dictionnaire du jazz. Quant à chibre, il s’agit d’un mot d’argot ancien, mais encore employé au 20e siècle (par Jean Genet notamment), qui désigne le sexe masculin. Il n’y a là, cependant, aucune raison de se perdre en conjectures concernant la potentielle érotisation de la musique de JASS…

A. Darche, S. Rifflet, M. Donarier, F. Ripoche, D. Ithursarry, N. Darche, MV. Cadoret, C. Lavergne, S. Boisseau

« L’OrphiCube est un orchestre à géométrie variable : six musiciens fixes, gardiens de la solidité architecturale, accompagnés de trois voix renouvelables, enclines à colorer l’édifice. Je veux ainsi qu’à chaque fois une fraîcheur et un éclairage nouveau viennent bousculer une exécution millimétrée, que nous concentrions un monde de couleurs dans chaque mesure de notre musique.

À l’instar du peintre cubiste Robert Delaunay qui voulait traduire les impressions laissées par la lumière sur sa rétine après avoir regardé fixement la lune et le soleil, je souhaite restituer une musique qui exprime immédiatement la somme des souvenirs acoustiques ancrés en chacun de nous, réminiscences de la musique que forment les bandes-son de nos existences.

Une perception instantanée de la bande originale d’un film imaginaire».
Alban Darche

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[ENG]

"L’OrphiCube is an orchestra with variable geometry: six permanent musicians, maintaining the structural rigidity, accompanied by a choice of three voices, each inclined to colour the edifice in its own way. Through this, I want our forensic execution to be transformed by a freshness and a new light each time, for us to condense a whole world of colour in every bar of our music.

Taking inspiration from the cubist painter Robert Delaunay (who wanted to translate the impressions left on the retina by light after staring at the moon and sun), I want to create a type of music which immediately expresses the sum of the sound memories resting in each of us, reminiscences of the music that forms the soundtracks of our lives.

A fleeting glimpse of the soundtrack of an imaginary film."
Alban Darche

movie soundtrack LP by Eric Thomas

Alors qu'une opportunité professionnelle inespérée se présente à Paris, Laurent rejoint d'urgence la maison familiale en Bretagne, où il n'a pas remis les pieds depuis des années. Sa sœur Marie doit lui révéler quelque chose de grave. Mais à son arrivée, rien ne se passe : la trilogie des femmes – sœur, mère et grand-mère – reste muette. Accroché à son téléphone, Laurent tente avec maladresse de nouer le dialogue. Mais avec qui ?

Un film de Sonia Larue
D. Hélin, J-Y. Evrard, L. Evrard, S. Boisseau

Le Crépuscule des Idiots

A l’origine un cinquième album, dont la réalisation fut épique et riche, avec glissades sur terrains pentus, montées de collines et virevoltes solaires grâce à Jean-Yves Evrard que
Daniel avait besoin de retrouver, pour le plaisir des semailles et la joie de la récolte.
L’atelier de pollinisation eut lieu sur des textes et brailleries explorant l’idée de la « Chanson » pour en bousculer les retranchements formels avec des inventaires, des nouvelles nouvelles, de l’hymne hédoniste et des retranchements épicés.
Ce sont donc des soucoupes volantes qui se sont gravées sur le disque bel et bien rond pour stimuler sens et sensations.
Composé en 2011 et 2012 entre le Tarn, la Flandre et Bruxelles, il est enregistré par Rudi Coclet au Jet Studio.
A la batterie, Louis Evrard, le digne fils de son père et à la contrebasse, Sébastien Boisseau assurent le groove et le squelette de cette aventure sonore.
Tous les arrangements, sons, orgues, trompettes, flûtes et électrons libres viennent de la guitare de Mr Jean-Yves Evrard.

Daniel est comédien... Non, il est circassien, barde. En fait, il est musicien. Ou alors, chanteur... Bon, il est un peu tout cela à la fois, mais vous dire ssil est un peu plus ça et un peu moins cela...

Résumons : c’est un artiste multi-facettes qui aime imaginer des formules protéiformes pour nous faire vibrer entre poésie et humour, pour bousculer et stimuler nos sens etnos sensations.

Pour un vrai bas-les-masques joyeux du pire et pour tordre le vilain chiffon des idées reçues, il vous invite à célébrer en papillotes et créations de textes Le Crépuscule des Idiots. En 4 Dimensions, d’oeil à oeil, coeur à coeur en fredonnant, caressant, braillant, susurrant, gueulant la réalisation des possibles qui dansent pour ceux qui les jouent de leurs mains...Tant que la planète reçoit leurs pas. Si on avance: on meurt, si on recule: on meurt. Alors pourquoi reculerait-on ?
A. Darche, N. Darche, M. Donarier, F. Ripoche, S. Boisseau, M-V. Cadoret, E. Birault, C. Lavergne, A. Magouët, G. Tamisier

« Par un procédé aussi mystérieux que celui qui transforme le blanc d’œuf en meringue, le jazz a toujours été associé à l’esprit de Noël. Que ce soit brillant ou sucré, Kitsch ou moqueur, la plupart des chants de Noël sont des standards en plus d’être des traditionnels. Voilà donc une musique connue de tous en surface qui intéresse Alban Darche en profondeur.
En grand amateur de Tim Burton, il s’est donc bâti son Étrange Noël à lui, et visite Christmas Town en compagnie de vieux complices, avec la ferme intention de refaire la déco intérieure sans toucher aux vieux murs. Une chose est sûre : à l’instar d’un bon vieux Jack Skellington, Noël ne sera plus pareil. »

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[ENG]

"By a process as mysterious as the transformation of egg whites into meringue, jazz has always been associated with the Christmas spirit. Whether it is shiny or sweet, kitsch or scoffer, most Christmas carols are standards as well as traditional. So this music everyone knows superficially interests Alban Darche in depth.
As a big fan of Tim Burton, he’s built his own unique vision of Christmas, and visit Christmas Town along with old accomplices, with the firm intention of redoing the interior decoration without touching the old walls. One thing’s for sure: like with good old Jack Skellington, Christmas will never be the same."
JM Foltz, C. Marguet, P. Mouratoglou, S. Boisseau

" Que gardons-nous, Chura?
Il m’a répondu :

- Les pierres. Il y a des dieux dedans, des viracochas."

(Henri Gougaud, Les Sept Plumes de l'aigle, éditions du Seuil, 1995)




Au moment où j'imaginais ce répertoire, je préparais un voyage en Amérique latine qui devait me conduire sur le chemin de l'inca - Qhapaq Ñan - jusqu'aux ruines de Tiahuanaco. Dans la perspective de ce périple, je m'étais plongé dans une lecture passionnée du récit d’Henri Gougaud Les Sept Plumes de l'aigle. La mystique chamanique et les mystères des hauts-plateaux andins racontés dans ce livre magnifique m’ont inspiré une trame et donné un souffle…

Puis le temps, l'espace et la route, qui se déroulent de façon si particulière sur l'altiplano, ont donné naissance à un univers musical à mi-chemin entre rêve et réalité. Je ne distingue plus exactement ce qui fut de l'ordre du songe et ce qui fut du voyage, mais ces compositions issues d’un mélange d'impressions authentiques et de fiction en sont le souvenir et constituent, en définitive, comme un journal de mythologie intime.

Pendant un temps, cette musique, conçue à l’origine pour un trio, est restée suspendue. Le moment venu de l’enregistrer, la guitare s’est ajoutée comme une couleur précieuse, étroitement liée à cette histoire mais restée jusqu’alors entre les lignes.

Ce disque est une invitation au voyage, évoquant une civilisation qui me fascinait quand j'étais enfant, sa profonde sagesse ancrée dans la Terre-Mère et ses vestiges: les ruines majestueuses et leur pierre chargée de mémoires...

Jean-Marc Foltz

A. darche, S. Rifflet, F. Ripoche, M. Donarier, MV Cadoret, N. Darche, C. Lavergne, D. Ithursarry, S. Boisseau

« L’OrphiCube est un orchestre à géométrie variable : six musiciens fixes, gardiens de la solidité architecturale, accompagnés de trois voix renouvelables, enclines à colorer l’édifice. Je veux ainsi qu’à chaque fois une fraîcheur et un éclairage nouveau viennent bousculer une exécution millimétrée, que nous concentrions un monde de couleurs dans chaque mesure de notre musique.
À l’instar du peintre cubiste Robert Delaunay qui voulait traduire les impressions laissées par la lumière sur sa rétine après avoir regardé fixement la lune et le soleil, je souhaite restituer une musique qui exprime immédiatement la somme des souvenirs acoustiques ancrés en chacun de nous, réminiscences de la musique que forment les bandes-son de nos existences.
Une perception instantanée de la bande originale d’un film imaginaire. »

Alban Darche


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[ENG]

"L’Orphicube is an orchestra with variable geometry: six permanent musicians, maintaining the structural rigidity, accompanied by a choice of three voices, each inclined to colour the edifice in its own way. Through this, I want our forensic execution to be transformed by a freshness and a new light each time, for us to condense a whole world of colour in every bar of our music.

Taking inspiration from the cubist painter Robert Delaunay (who wanted to translate the impressions left on the retina by light after staring at the moon and sun), I want to create a type of music which immediately expresses the sum of the sound memories resting in each of us, reminiscences of the music that forms the soundtracks of our lives.
A fleeting glimpse of the soundtrack of an imaginary film. "

Alban Darche
FM, Jeff Halam, Csaba Palotaï, Emmanuel Marée, Baptiste Germser, JL Pommier, G. Tamisier, A. Darche, S. Rifflet, S. Boisseau

Lorsque j’étais un enfant sage, vif et éveillé comme vous vous en doutez, j’adorais monter avec mon père dans le grenier de mon grand-père, son père à lui (vous me suivez toujours ?).

 

Au milieu de ce bric-à-brac, nous trouvions toutes sortes d’objets dont je ne comprenais même pas l’utilité et il s’en dégageait le délicieux parfum d’un autre temps. J’aurais sûrement pu y trouver le nouvel album de F.M., alias François Maurin, « The Organ King ». Pas un débutant puisqu’il a déjà sorti un premier disque en 2008 avant de composer pour de grands noms de la chanson française (Daho, Delpech ou Françoise Hardy), mais dès les premières notes de cette fine musique pop, j’ai senti que le gaillard s’est amusé. Comme il le dit lui-même dans une de ses chansons, il ouvre la porte de ses rêves et nous convie au bal pour entendre toutes ces inspirations valser ensemble. La voix légère et chantante de Maurin n’est pas sans me rappeler certains artistes des années 60 (Beach Boys en tête) par moments, mais c’est surtout dans la composition et les arrangements qu’il faut laisser traîner ses oreilles pour entendre du très beau.

Des mélodies et un instrumentarium digne du grenier de mon grand-père, au milieu duquel, les orgues et claviers en tous genres se télescopent, rencontrant vibraslaps et xylophones pour créer un univers absolument savoureux. C’est à un voyage que nous convie la radio F.M. tout au long de ce (trop ?) court album, à travers différents tableaux qui s’enchaînent d’une façon aussi inattendue que réussie. Mention au chœur et orgue d’église qui suivent une chanson digne des meilleurs cabarets dans une transition bizarrement évidente. À noter que sur scène, c’est avec un orchestre entièrement automatisé que F.M. défendra ce nouvel album à découvrir. Le bricoleur de génie croise ainsi le compositeur talentueux pour notre plus grand plaisir. Pour ma part, j’ai écouté en fermant les yeux, monté les marches, et ô magie, le grenier de mon enfance était là…

A. Darche, P. Benech, E. Birault, S. Boisseau, D. Casimir, G. Coronado, N. Darche, T. De Pourquery, M. Donarier, A. Guillou, C. Lavergne, F. Maurin, Y. Neveu, JL Pommier, S. Rifflet, F. Ripoche, G. Tamisier, A. Vankenhove, S. Boisseau

Pour ce programme, chanteurs, pianiste, deuxième batteur et technicien lumière rejoignent la grande équipe du Gros Cube. Après la traversée de l’univers policier des années 70, marquée par la sortie en 2007 de l’album « Polar Mood », le chef d’orchestre du Gros Cube se tourne vers une toute autre dimension.

Alban Darche a repensé sa formation pour la mettre au service du légendaire groupe Queen. C’est à la fois une version ré-arrangée, re-rockisée et modernisée que nous propose le compositeur. Loin des reprises, c’est l’appropriation de chansons bien choisies et d’une musique universelle que le Gros Cube se propose de défendre : la POP music.

Le Gros Cube met les petits plats dans les grands pour un projet d’envergure à l’image mégalo du groupe britannique ; il voit la musique en grand.

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[ENG]

 

Le Gros Cube is getting pampered!
For this new program, three singers, two pianists, a second drummer and a light engineer are joining the team. Alban Darche reshaped his orchestra to help serve Queen, the legendary British rock band, and create more modern, re-arranged and ‘rocked-up’ pieces.
Far from being a suite of covers, le Gros Cube make some well-chosen songs theirs and aim at defending a universal music: PoP music. in Freddie Mercury’s shoes are three singers, three personalities: Thomas de Pourquery’s extravaganza, F.M.’s poetry and Arnaud Guillou’s seriousness.
le Gros Cube thinks big and goes all-out for a large- scale creation following in the footsteps of the over- the-top British band.

 

G. Gádo, Dave Liebman, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau

par Franpi Barriaux, 3 fev 2014 sur citizenjazz.com

“Depuis trois ans et la sortie de Lung-Gom-Pa, on se languissait de Gábor Gadó. Les nouvelles qui nous en parviennent aujourd’hui avec Ungrund datent un peu, mais elles sont rassurantes. Enregistré en janvier 2011 au Müpa de Budapest, ce concert signe les retrouvailles du guitariste avec son fameux « quartet français », qui popularisa le label Budapest Music Center auprès des amateurs de jazz de l’Hexagone. Depuis plus de dix ans, Gadó emmène ses comparses au cœur d’un univers très personnel. Depuis toujours, il leur propose une musique contemporaine complexe croisée avec un groove irascible : sa roborative rythmique (le contrebassiste Sébastien Boisseau et le fidèle Joe Quitzke), indispensable à l’alchimie de l’ensemble, fait ici des miracles.

Habitué à inviter des concitoyens comme sur Modern Dances For The Advanced In Age, où le quartet devenait sextet, ou encore sur Byzantinum, Gadó s’adjoint ici soufflant supplémentaire, américain cette fois : aux côtés d’un Matthieu Donarier impeccable, Dave Liebman vient se fondre le temps d’un soir à cet orchestre très soudé. Dès « Friends Play », une reprise d’Unknown Kingdom, on constate que la greffe prend. Après une introduction mordante signée Quitzke, l’équilibre entre les deux saxophones se révèle immédiat. Le timbre chaleureux de Liebman offre un contrepoint parfait à la rocaille de Donarier, qui lui-même s’accroche au phrasé lumineux de Gadó. L’intelligence de l’Américain est de rester en retrait quand le quartet offre un visage compact, pour profiter d’une certaine liberté dans les larges espaces ménagés par le guitariste : sur « Sanctus » il laisse ses hôtes s’engager dans une discussion collective et nostalgique où Donarier et Gadó rivalisent de douceur, mais se saisit pleinement de l’agitation tellurique du bien nommé « Weltraum » et de ses harmonies fragiles.

Le jeu de Gábor Gadó reste sans excès, sans bavardages ; que ce soit sur ses propres compositions ou sur la « Pavane pour une infante défunte » de Ravel, il impose une ligne claire et précise. Sa musique, toujours aussi influencée par le mysticisme et la philosophie, se marie admirablement à la doctrine de l’« Ungrund » (empruntée au mystique allemand Jakob Boehme), et sa notion d’espace créateur issu du néant. Il semble maîtriser chaque détail, hypothèse corroborée par « Eternal Recurrence » - cet éternel retour est la pièce maîtresse du disque. Le travail sur le temps et l’espace qui caractérise la musique de Gadó - et qui trouvait son expression la plus radicale dans Lung-Gom-Pa - est ici décliné pour un quintet de jazz plus classique. La contrebasse très sèche de Boisseau ouvre un morceau que Quitzke portera jusqu’à son mouvement final par une envolée semblable. Entre eux deux, les motifs répétitifs de la guitare poussent les saxophonistes à se jouer de la masse de silence, annonçant les ruptures de l’orchestre. Ungrund nous fait désormais espérer deux choses : qu’il ne s’agisse pas du dernier album de ce quartet, mais surtout, que surtout le guitariste hongrois ne reste pas trois ans de plus sans se manifester…”

Matthieu Donarier & Sébastien Boisseau

WOOD sonde patiemment la matière, fait jaillir les résonances, creuse les silences, patine son chant jusqu’à l’épure.
Groupe de scène avant tout, ce duo de l’instinct et de l’instant démonte et remonte sans cesse ses compositions, improvise des hymnes à l’amour, des ryhtmiques improbables qui progressent sur le fil de l’inconnu, des chants d’oiseaux jamais entendus jusqu’alors. WOOD rend hommage à Duke Ellington et revisite Joachim Kühn avec la même force de propos. Les racines sont ancrées dans la terre du jazz, pour autant les branches sont multiples, pleines de fruits.
Leur musique coule de source : bien malin qui peut dire où commence l’improvisé, où finit l’écriture… c’est une des forces de ce duo, qui confirme définitivement la complicité de ces orfèvres que sont Sébastien Boisseau et Matthieu Donarier.
S. Spang Hanssen, C. Lavergen, S. Boisseau

« Et c’est avec plaisir qu’on retrouve Simon Spang-Hanssen dans la liberté du trio et plus précisément
avec cette formation-là. Boisseau et Lavergne offrent à sa musique des aises, jouant de son lyrisme
et de son côté dansant dont ils préservent le naturel rustique tout en lui donnant l’ouverture hors de
tout format étriqué. »

Franck Bergerot, Jazz Magazine/Jazzman mai 2013

« L’interaction entre les deux français et Simon Spang-Hanssen est exemplaire; ce sont des partenaires loyaux et très à l’écoute et cela contribue à faire de « Luna Moon »un album remarquable. »

Ole Nimand, Jazz Special , juin 2013

A. Darche, C. Lavergne, S. Boisseau

"Dix ans se sont écoulés depuis la sortie du dernier album du Cube et c’est comme un retour aux sources, des retrouvailles intimes avec des partenaires capables de faire sonner de manière évidente une écriture complexe.
Un retour aux sources avec dix ans de plus. Un coup de vieux assumé : ce Frelon rouge est plein de références à un jazz historique. Un jazz classieux, cool raffiné, qui regarde vers la West Coast ou vers les Brésils de Stan Getz et d’Hermeto Pascoal. Alban Darche lorgne aussi vers les musiques populaires, dansantes, imaginant des folklores à des villes où il a posé ses valises...
En dix ans, Alban Darche a aussi eu le temps de cultiver son goût un peu pervers pour les enchaînements harmoniques bizarres, les structures de guingois, les suites numériques qui se superposent. Ça lui plaît que toute cette complexité ne saute pas à l’oreille mais produise une musique qui coule de source : un peu pervers on vous dit."
Thierry Mallevaës
D. Badault, R. Huby, S. Boisseau, T. Arthurs

par Denis Desassis // Publié le 6 mai 2013 sur www.citizenjazz.com

Ce disque subjugue dès la première écoute. Mais pourquoi s’en étonner ? Il y a un peu plus de deux ans, en mars 2011, Citizen Jazz saluait la parution de la première production, sobrement intitulée H3B, d’un quartet acoustique sans batterie placé sous la férule de Denis Badault, une formation originale dont la géométrie paritaire et les subtils accords de voix aboutissaient à une musique à la fois ambitieuse et fluide. Un univers intimiste, une quête de couleurs volontiers impressionnistes, un laboratoire des sons dont la créativité était des plus réjouissantes.

D’abord connu (et reconnu) en 1982 comme créateur de la Bande à Badault, un ensemble éclectique de treize musiciens, le pianiste sera choisi quelque temps plus tard, en 1986, par François Jeanneau pour intégrer le premier Orchestre National de Jazz aux côtés d’Andy Emler, avant d’en être nommé directeur pour trois saisons en 1991. Badault est un pédagogue, aussi actif en matière de composition que d’improvisation, amoureux de danse contemporaine et d’électronique ; mais il est aussi (surtout ?) l’animateur de petites formations comme le Trio Bado (avec Olivier Sens et François Merville), les Trois Claviers avec Andy Emler et Emmanuel Bex et, bien sûr, le quartet H3B, découvert en 2009 lors de la création de BadOxymore avec l’Orchestre National de Montpellier.

Songs, No Songs, publié à l’automne 2012, est donc le deuxième chapitre du roman H3B. Le titre du disque renvoie à la méthode employée : ces treize pièces sont soit écrites, les mélodies se voulant alors plus ou moins raffinées (les « songs »), dans un souci du son et d’une forme assez concise, soit des improvisations libres (les « no songs »), propices aux expérimentations. Il y a donc dans cet album intimiste une construction élaborée reposant sur le quadrilatère harmonieux que constituent, aux côtés de Badault, Régis Huby au violon [1], Sébastien Boisseau à la contrebasse et Tom Arthurs à la trompette. Ce quartet [2], est d’une grande justesse ; la scénarisation – l’alternance compositions/improvisations – s’efface très vite et on ne perçoit plus qu’un seul ensemble, lyrique, volontiers romantique, et plutôt atypique, dont les textures entremêlées sont de toute beauté. Aucune facilité dans l’exécution, mais un travail savant de (re)création d’une musique contemporaine aux atours élégants. Et bien malin qui, sans les notes de pochette, saura ou voudra démêler les fils de ces deux démarches complémentaires (« Ré For Régis », composé ou improvisé ?). Bien sûr, les compositions mettent en avant un chant vibratoire, mais aussi des rythmes, des scansions parfois hypnotiques, aux confins du sérialisme, et les improvisations aux contours plus sinueux se glissent entre elles comme de stimulants jeux de questions et réponses entre instruments, des espaces de recherche où le travail de modelage des sons relève de l’expérimentation, avec son cortège d’incertitudes. Qu’on se rassure toutefois : les deux chemins ne laissent jamais l’auditeur sur le bas-côté ; tantôt parallèles, tantôt imbriqués, il sont toujours en mouvement.

Le résultat est constamment magnifique - une rivière qui prendrait sa source assez loin, au début du XXe siècle, avant de s’oxygéner dans les inventions du présent. Une musique de notre temps, qu’on peut appeler jazz par commodité mais qui s’échappe de son cadre dès que l’occasion se présente et revêt alors les couleurs de la musique de chambre. Impossible d’évoquer un musicien plutôt qu’un autre : on l’a dit, l’idée même de hiérarchie est absente dans cet équilibre parfait, mis en valeur par une prise de son impeccable. Bien difficile aussi de citer telle pièce plus qu’une autre car le disque est à prendre comme un tout : même si le thème de « L’envie » et son gospel sous-jacent où chaque instrument semble tutoyer les anges donnent la chair de poule ; même si, dans la foulée, « Veloce And Piano » s’embarque dans une course débridée qui contraste avec malice avec ce qui précède. Une musique où tout est bon à prendre…

Denis Badault réussit son opération séduction : Songs, No Songs est un disque aux tonalités vespérales dont on ne parvient pas facilement à se séparer. Il laisse parfois imaginer une conversation animée où se feraient entendre les voix de Debussy, Schoenberg et Chet Baker, dans la dégustation d’une « 7e huître » que leur auraient apportée Stravinski et Steve Reich. Il reste de la place à leur table, et le pianiste s’y est d’ailleurs installé avec gourmandise en compagnie de ses comparses.
D. Casimir, A. Darche, JL Pommier, M. Donarier, S. Boisseau

Yolk en Cuisine, cinq solistes réunis en un quintet de musique de chambre, sans batterie et en diffusion acoustique. Pour l’année 2010, leur programme a été entièrement composé par Daniel Casimir qui tente ici un travail d’équilibriste : une écriture capable de provoquer des intentions d’improvisations très diverses tout en gardant une identité affirmée. Un jazz contemporain qui intègre autant la possibilité d’improvisation libre que l’utilisation de divers systèmes d’accompagnement. Le but recherché est une expérience vivante et en partie spontanée de musique de chambre, loin des modes et des étiquettes ; une relation atypique entre une écriture flirtant avec le jazz, la musique classique voire contemporaine et l’improvisation. L’idée de jouer en acoustique souligne le caractère de l’expérience sonore. L’auditeur doit parfois avoir l’impression qu’on lui murmure amoureusement à l’oreille et à d’autres moments il doit ressentir la qualité charnelle et la force physique d’un fortissimo d’ensemble.
En d’autres termes Yolk en Cuisine vous servira des mets musicaux à la hauteur de la finesse et de l’inventivité de la nouvelle cuisine...
H. Lüdemann, Dejan Terzic, S. Boisseau

par Franpi Barriaux // Publié le 21 mai 2012

Le trio piano/basse/batterie est le plus répandu de tous. A tel point qu’il semblerait naturel de penser que tout y a été dit, que chaque chemin, chaque inclinaison ou chaque distribution des rôles ont déjà été explorés. Pourtant, on assiste constamment à son aggiornamento, fait de transgressions et d’hommages qui perpétuent ce triangle de base en évitant toute redite. À son tour, le pianiste allemand Hans Lüdemann, habitué de la formule en trio, s’adonne à l’exercice. Die Kunst der Fugue [1], écrivait Bach. Die Kunst des Trios [2], lui répond-il dans un coffret paru sur le label Budapest Music Center et regroupant cinq enregistrements avec cinq trios différents, réalisés « live » entre mars 2007 et septembre 2008.

Le jeu est amusant. Voire passionnant, à maints égards : dans un même club et avec le même ingénieur du son, les trios formés pour l’occasion, sans réelles répétitions préalables, se lancent dans des morceaux conçus comme des terrains de jeux idéaux. Sur cette matière largement improvisée, le pianiste démontre une belle capacité à transcender les registres et couleurs. Cet exercice de style sans esbroufe est également l’occasion de mettre en lumière la vigueur du jazz allemand. De la jeune génération avec qui il enregistre Nu Rism au trio de stars d’Eisler’s Exil (où émarge le bassiste Dieter Manderscheid, compagnon de route de Peter Brötzmann), c’est une visite quasi exhaustive de la génération de la réunification allemande qui s’offre à nous.

Hans Lüdemann est surtout connu en Europe pour son trio Ivoire, avec le batteur Steve Arguëlles [3] et le balafoniste Aly Keita. En France, on le connaît surtout pour sa collaboration avec le contrebassiste Sébastien Boisseau et le batteur Dejan Terzic (trio Rooms) [4]. Ici, Rooms est égalitaire et central. Boisseau, par son phrasé impeccable, donne beaucoup d’espace à une musique très atmosphérique. Ainsi, « Le balafon blanc et noir », également présent sur l’album studio, démontre bien cette capacité à inventer sans cesse, notamment par l’usage d’un « piano virtuel » qui traite et malaxe en direct le son de Lüdemann - une espèce de « préparation » numérique du piano.

Avec le très concertant Eisler’s Exil, ce traitement révèle un supplément d’abstraction (« Das Käuzlein ») qui tutoie la musique contemporaine. Cette promenade dans le répertoire du compositeur de Brecht en compagnie de Manderscheid et du batteur Christian Thomé permet une approche de la chanson en tant que matériau improvisationnel qui plongerait ses racines dans la seconde école de Vienne (le magnifique solo de Lüdemann sur « In Diesen Frühlingnächten »). Une démarche peu éloignée motive le trio Chiffre. Avec le contrebassiste - et violoncelliste - Henning Sieverts, très musical, Lüdemann développe une musique cinématique, soutenue par le batteur Eric Schaefer, très coloriste (« Steine », splendide composition où l’archet donne un luxe de détail en contrepoint, puis se fond çà et là avec le piano virtuel).

Parfois le pianiste se transforme en puissant rythmicien. Dans le trio Nu Rism, l’énergie ruisselle d’une polyrythmie en constant mouvement, propulsée par de jeunes compatriotes, le contrebassiste Robert Landfermann et le batteur Jonas Burgwinkel. On retrouve ici l’influence majeure de la musique de Steve Coleman des années 80 (période Motherland Pulse) dont se réclame Lüdemann. Le traitement sonore de son piano, par petites touches, apporte une complexité en trompe-l’œil (« Futurism 7 »). Le trio explose sur « Doublé », où se promène la constante mutation rythmique de la main gauche du piano, suivie par la sécheresse mélodique du bassiste. On retrouvera cette orgie polyrythmique dans le bien nommé Rythm Magic. Troquant la contrebasse pour la basse électrique de Linley Marthe, le pianiste, accompagné de l’époustouflant Chander Sardjoe se plonge dans un roboratif hommage au M-Base. Au-delà d’un morceau de Geoffroy de Masure (« Possible »), c’est la stricte grammaire de Coleman qui est exposée ici. Le piano virtuel y devient plus urbain, les trouvailles rythmiques s’adaptent parfaitement au ton du trio (« Pedals »).

On aura plaisir, en prime, à trouver dans le coffret un DVD comprenant les captations vidéos de l’enregistrement de Chiffre et de Rythm Magic. L’occasion inédite de découvrir ce remarquable pianiste qui a fait du trio et de ses différents états un art à part entière…

S. Boisseau, M. Donarier, L. Blondiau, V. Kujala, M. Kalio

CHOC Jazz Magazine Jazzman, juillet/août 2010, n°616
Vincent Cotro

Cette production franco-finlandaise comme le bel objet qui en résulte - est placée sous le signe de l'Europe et du collectif, dans sa dimension musicale comme dans le rapprochement des labels (Yolk et Fiasco) qui la publient simultanément, contribuant ainsi à faire vivre le projet européen Zoom!.

Sébastien Boisseau assume la direction de ce Unit nourri, comme il le revendique, de l'influence d'Old and New Dreams (Don Cherry-Dewey Redman-Charlie Haden-Ed Blackwell). L'univers aquatique et minéral à la fois illustré par la pochette et décrit par certains titres (Underwater Scenes, Dunes) est guidé par la sensation de la multiplicité des écoulements du temps, de sa fluidité toujours changeante.

Le résultat sonore pourrait s'écrire comme la conjugaison collective d'un espace-temps-matière qui s'appuierait ici sur l'écriture - rythme, phrase ou simple couleur - là sur le jeu délibéré de l'instant. Cinq improvisations collectives plus brèves parsèment ainsi le programme, dont trois s'enchaînent en son centre, esquisses de paysages sonores lisses (Stalker Laments) ou striés par un motif obsédant (On the Back of the Sea Turtle, In Coudoulous Brooks). La rencontre des voix et des souffles (la très belle sonorité de Laurent Blondiau, les présences multiples de Mathieu Donarier) est finement incarnée par le souffle(t) de l'accordéon, et l'on ne peut qu'admirer le degré de maturation d'un travail collectif qui, plutôt que de céder la place à l'individuel, sait l'intégrer pleinement. Écoutons le très beau et surprenant solo du contrebassiste dans Malinois ou celui, littéralement habité, de Veli Kujala dans Angel's Thought.

Les notions de texture et d'énergie se répondent, depuis l'étirement sur un mode hypnotique ou répétitif (Wavin’) à une matière plus charnue et concentrée, qui libère une puissance jusqu'alors contenue (Wanbli).

Une très belle rencontre à découvrir d'urgence.

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par Julien Gros-Burdet // Publié le 5 août 2010, citizenjazz.com

Avec Unit, il est question d’unité de temps – passé, présent, futur – et d’unité par-delà les frontières. Ce quartet né en 2005 suite à une commande du CRDJ est à l’image du collectif Yolk et de ses ambitions : ouverture sur l’histoire du jazz et sa perpétuation, ouverture sur les autres scènes européennes avec, aux côtés de Sébastien Boisseau et de Matthieu Donarier, le trompettiste belge Laurent Blondiau et le batteur finlandais Mika Kallio. Après de nombreux concerts à travers le Vieux Continent, ils se sont retrouvés en compagnie de l’accordéoniste Veli Kujala, au milieu d’une tournée, pour enregistrer un deuxième album, après le l’excellent Time Setting paru sur le label hongrois BMC.

Sébastien Boisseau, qui signe la majorité des compositions, cite de nombreuses sourced d’inspiration, dont Old And New Dreams, le mythique quartet de Don Cherry, Ed Blackwell, Charlie Haden et Dewey Redman. Wavin’ révèle effectivement ce goût - partagé avec le quartet des anciens partenaires de Ornette Coleman - pour les mélodies baignant dans des formes souples, laissant toute liberté aux musiciens pour parcourir le chemin ensemble, au gré du vent.

Mais Unit rappelle également d’autres chemins de traverse, tels le Charms Of The Night Sky de Dave Douglas, notamment dans le mariage des timbres et l’ambiance qui se dégage de « Dunes », ou encore la rencontre entre ce trompettiste américain et Louis Sclavis sur « Interceptor » [1]. Wavin’ est une musique des terroirs, ouverte aux influences, une musique de climats nordiques et de fin de jour. Ça bruisse, ça prend ses aises, le temps se contracte ici pour mieux se dilater là. D’un morceau à l’autre, la musique propose des univers d’une belle douceur (« Crocus »), ou au contraire emplis d’une énergie débordante et jouissive (« Malinois » ou « Wanbli »).

Bel exemple de collectif engagé au service de la musique que livrent ici ces cinq magnifiques musiciens si doués pour creuser le matériau de base et s’en servir pour propulser des improvisations passionnantes mêlant avec bonheur les lignes instrumentales. Ce très bel album dose savamment les influences pour donner une œuvre moderne qui procure à l’auditeur un plaisir indicible.

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loreilledemoscou.canalblog.com

Unit, c'est Seb Boisseaux à la contrebasse qui emmène avec lui le Finlandais Mika Kallio à la batterie, aux sax et clarinettes, Matthieu Donarier, Veli Kujala à l'accordéon et Laurent Blondiau à la trompette.

Unit appartient à cette famille de musiciens qui n'a que faire des cases où on adore enfermer la musique. Leur art est vivant, vibrant, mutant et transgressif. Et ça par nature...Et nécessité aussi. Sur ce Wavin', dernière sortie en date, on découvre leur terrain de jeu : la réalité de l'instant. Cet entre deux monde où la métamorphose de toute chose en une autre est une pratique locale reconnue.

Ensemble ils modulent leurs effets, alternant composition et improvisation, mettant en œuvre une poétique du son et de la matière, jouant sur une maîtrise hallucinante des sonorités, tour à tour pleines ou déliées, étranglées, tranchées, lâchées en notes tenues, glissées, feutrées...

Ensemble , ils inventent une musique de sensation, fugues qui courent sur un fil tendu entre réalité et fantasme après des histoires fortes et fragiles, jamais délétères, pleine d'embûches, animées et aventureuses. Une musique portée par une pulsation d'une allégresse rythmique sans limite, basée sur l'écoute, toujours à préserver, et l'entente, toujours à (re)créer. Dussent-ils le faire à dos de tortue, les membres de cette drôle de dream team semblent capable d'aller bien loin, plus loin que là où portent nos regards, c'est certain !

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www.franpisunship.com

Sébastien Boisseau fait partie de ces contrebassistes qu'il fait bon avoir dans ses formations, si l'on considère la multitude de projets auxquels celui-ci participe, en vrac, le Baby Boom de Daniel Humair, le quintet Oliva/Raulin, le Gros Cube, le MKMB ou encore, récemment, la digression en trio avec ses comparses Alban Darche et Gabor Gado, cela donne vite le tournis... Autant de projets qui démontre chez Boisseau une grande implication et une virtuosité de chaque instant.

Unit est un remarquable projet, qui ne met pas le jazz européen dans une posture chimérique, mais dans le sens de la convergence et de l’action. C’est d’ailleurs sur deux labels, les français de chez Yolk et les finlandais de Fiasko que Wavin’ est sorti, pour bien montrer une convergence, une onde positive… Et c’est justement bien le sujet !

Déjà remarqué, il y a quelques années, pour un album « Time Setting », dont on se demande bien pourquoi il n’a jamais été chroniqué ici (il y a des racines du bien qui se perdent !) en compagnie du guitariste hongrois Gabor Gado sur le label BMC, Unit a cette volonté chevillé au corps de trouver un langage commun entre les musiciens européens, avec comme bien souvent la grammaire colemanienne tendance ornette comme dialecte véhiculaire, même si ici, c’est la filiation –si proche- de Don Cherry qui est réclamé par Boisseau ; après tout, « Unit », le nom du groupe, est assez explicite en ce sens, tout comme l’est, dans sa construction et sa structure, le morceau « malinois »…
Désormais impliqué avec Yolk dans le projet Zoom ! qui regroupe plusieurs labels européens, c’est donc avec le remarquable batteur Mika Kallio, impressionniste et incroyable de musicalité que le groupe de Boisseau s’est reformé. Le batteur Mika Kallio, on avait pu le découvrir lors de l’année de la Finlande en France, avec le saxophoniste Mikko Innanen, mais aussi l’accordéoniste Veli Kujala, invité sur Wavin’ et dont la sonorité fait énormément pour cet album. Pour s’en convaincre, il convient de se laisser porter par la lente mise en atmosphère de ce magnifique accordéon sur le morceau Angel’s Thought, entre cliquetis et sculpture décharnée du silence.

Unit est donc un groupe à géographie variable qui s’appuie sur une base immuable, les saxophones et clarinettes de Donarier toujours aussi fluides et la trompette de Laurent Blondiau, brillante et chaleureuse. Pour Wavin’, avec les deux musiciens finlandais, Unit abandonne l’urgence de Time Setting pour exposer une musique d’une grande poésie, profonde et chaleureuse qui file entre les doigts tout en étant persistante, comme l’eau claire des lacs et des ruisseaux de sous-bois qu’évoquent immanquablement cet album, lorsque les frottements charnels et les crissements d’accordéons ne nous conduisent pas dans les profondeurs abyssales et sombres d’une mer apaisée (« On the back of the sea turtle »).
Le temps est comme suspendu, laisser au gré du vent et de l’air, porté par le jeu très fluide de Sébastien Boisseau, dont on retrouve la solidité dans son « standard » personnel, « Wambli », déjà présent sur Baby-Boom et sur Emotions Homogènes. Il faudra un jour que l’on se penche sur l’effet qu’à la Finlande sur les musiciens français. On se rappelle sans doute de l’afflux de sensations dans le magnifique Äänet qui jouait sur les éléments et la perception. Wavin' dans un style différent, plus orchestral, délivre également une musique où les timbres exposent un paysage, développent une atmosphère où la nature semble prendre sa part d’improvisation, où le temps semble son propre maître, et où les musiciens se livrent à un travail d’écoute et de transcription d’une nature aussi libre et fougueuse qu’elle est lente et immuable....
Indispensable.

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www.mozaic-jazz.fr

"Ecouter la musique de UNIT, c’est comme regarder au fond d’un ruisseau, quand les formes les plus simples, brouillées par le mouvement, unissent leurs danses en un ballet où l’on est finalement bien en peine de distingué le minéral, le végétal, l’existant et le rêvé..." (extrait)

 

D. Badault, R. Huby, S. Boisseau, T. Arthurs

Entre le Trio Bado (Yolk Records) et H3B, pourquoi attendre 10 ans pour enregistrer ? Parce que, comme l’a si bien dit John Cage : « Composer, c’est révéler desévidences cachées. » Je n’ai pas cessé de travailler pendant ces 10 ans. Mais j’attendais quelque chose. Ce fut la rencontre avec Régis, Seb et Tom. Celle-ci fut de l’ordre de l’évidence. Il devenait alors nécessaire et naturel de fixer cela sur disque. C’est chose faite. Bonne écoute.

Denis Badault

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« Totalement déconcertant. A tout le moins iconoclaste. On cherche, parce que c’est pratique et toujours réducteur (donc facile à faire), dans quelle case on pourrait
ranger cet album du (trop rare) pianiste Denis Badault sans jamais y parvenir réellement. La musique est écrite et improvisée, c’est du jazz mais Régis Huby y apporte
des sonorités parfois très classiques, ça part parfois à la limite du free, c’est expressif et parfois poétique, c’est mystérieux sans l’être tout à fait. C’est en tout cas
toujours surprenant dans la forme. (…) S’il y a chez le pianiste-compositeur des airs de Braxton ou de Threadgill, il y a surtout dans son écriture cet art de susciter l’interactivité. »

Jean-Marc Gelin

 

H. Lüdemann, D. Terzic, S. Boisseau

A. Darche, G. Gado, S. Boisseau

G. Hazebrouck, K. Hiriart, N. Larmignat, S. Rouiller, L. Vanhéee, S. Boisseau

J. Kühn, C. Mariano, G. Dudek, S. Sulzmann, T. Levin, D. Humair, M. Schoof, P. Minafra, C. Bauer, A. Skidmore, J. Stivin, M. Schriefl, R. Van den Broek, A. Haurand, S. Boisseau

L. Genc, A. Darche, D. Casimir, N. Tegen, S. Boisseau

C. Marguet, Joachim Khün, C. Monniot, S. Boisseau


L’écoute et l’entente

« L’écoute et l’entente », voici un beau slogan dont pourraient s’emparer les politiciens attachés à la construction de l’Europe. Les artistes et les musiciens de jazz en particulier, n’ont pas attendu la constitution européenne pour s’écouter et s’entendre, autour de la pratique exigeante de leur art, qui consiste à « jouer » (dans tous les sens du terme), à composer, à arranger, à improviser, à pratiquer l’interaction et à s’exprimer librement afin de développer un point de vue formel et un univers singulier. Le quartette Marguet, Kühn, Monniot, Boisseau (MKMB) en est le parfait exemple, un exemple d’entente européenne (avec trois musiciens français, un allemand et un label hongrois), d’entente inter-générationnelle avec le « papa » Joachim Kühn et trois partenaires qui pourraient être ses fils, et un exemple d’entente musicale autour de la cohabitation entre un jazz afro-américain empreint de liberté, comme celui d’Ornette Coleman, et une musique écrite européenne qui irait de J.S Bach à Messiaen, en passant par les dodécaphonistes viennois et Bartók.

Le pianiste Joachim Kühn, né en 1944 en Allemagne de l’est, représente à la fois toutes ces musiques, sachant qu’il apprécie aussi le rock et la pop, ainsi que les musiques d’Afrique noire et du Maghreb. Cette figure paternelle entourée de ses « fils » musiciens, on l’a très bien connue en France avec « Baby Boom », le groupe de Daniel Humair, dont on retrouve ici le saxophoniste Christophe Monniot et le contrebassiste Sébastien Boisseau. Elle apparaît aussi avec le Strada Sextet d’Henri Texier dont fait partie le batteur Christophe Marguet. Henri Texier, Daniel Humair, Joachim Kühn, une même génération de musiciens européens exigeants et novateurs.

Et puis il y a eu le trio magique composé de Joachim Kühn, Jean-François Jenny Clark et Daniel Humair, qui est quelque part le point d’ancrage et le catalyseur de ce quartette MKMB. Le regretté contrebassiste Jean-François Jenny Clark a joué un rôle clé sur cette jeune génération de jazzmen français. Il a été un professeur exemplaire et passionnant au conservatoire national supérieur de Paris (CNSM), et un proche de Christophe Monniot et de Sébastien Boisseau. Précisons que sur le dernier et magistral disque du trio Kühn, Humair, Jenny Clark en 1998, judicieusement intitulé « Triple Entente », le morceau d’ouverture portait le titre significatif d’ « Ornette » (Joachim Kühn et Ornette Coleman venaient de publier leur album en duo « Colors »).

Il est important de dérouler ce fil d’ariane car le disque que vous tenez entre vos mains s’appelle « Emotions Homogènes », qui est la traduction en français d’une composition inédite d’Ornette Coleman, que le quartette MKMB joue régulièrement sur scène. Ces émotions homogènes résument parfaitement l’état d’esprit du quartette, où le niveau d’exigence du jeu collectif est toujours au service de l’énergie, de l’inspiration et du plaisir partagé.

Joachim Kühn a composé quatre des huit titres de ce disque, bien qu’il ne soit pas particulièrement le leader de cette formation, il en est en tous les cas, le compositeur le plus prolixe. On retrouve notamment son superbe « White Widow », que l’on avait découvert en 2005 dans une version en trio sur l’album Poison, consacré aux drogues et aux dépendances (cette « veuve blanche » serait-elle liée aux paradis artificiels ?). Ce White Widow joué en quartette, situé au milieu du disque, démarre par une intro de piano solo à l’ampleur orchestrale où une vertigineuse avalanche de notes piquées remplit l’espace sonore, puis se calme progressivement pour aboutir à l’arrivée du thème, véritable poursuite infernale au tempo rapide, qui permet à chaque membre de jouer au chat et à la souris en tourbillonnant et virevoltant à l’image des sidérants chorus de sax alto, de piano et de batterie.

Sata, qui ouvre l’album, est une nouvelle composition de Kühn qui nous emmène, à dos de chameau, dans le désert marocain pour une balade obsédante et lancinante, guidée par la sonorité sèche et implacable de la batterie de Marguet. N’oublions pas non plus de citer la belle mélodie de Dahin, composée pour le projet Kalimba avec Majid Bekkas et Ramon Lopez et qui nous suggère une sensuelle chorégraphie.

Le nom du quartette (formé des quatre initiales de ces membres), indique clairement une implication à parts égales de chacun, mais c’est pourtant sous l’impulsion et la volonté de Christophe Marguet que ce groupe a pu voir le jour et donner son premier concert en septembre 2004. Il propose pour le groupe, dès le début du projet, deux de ses compositions, inspirées par la peinture : « Ballet » (d’après Nicolas de Staël) et « Song for Bacon » qui met particulièrement en valeur la fougue de Christophe Monniot. Marguet est un compositeur-coloriste fin et sensible, qui ne met pas en avant son jeu de batterie, mais l’utilise d’une manière subtile et discrète. Monniot revisite son « Have You Met Mystic ? » qu’il avait écrit pour La Campagnie des Musiques à Ouïr agrandie en sextette, avec la présence du guitariste hongrois Gabor Gado (sur l’album La Manivelle Magyare chez BMC). La version qu’il présente ici, où il passe de l’alto au baryton, est très différente et elle permet à Kühn d’effectuer l’un de ses plus sidérants solos. Quant à Sébastien Boisseau, il reprend avec beaucoup de liberté la belle et sensible mélodie de Wanbli, écrite pour le premier album du Baby Boom de Daniel Humair.

L’implication, l’écoute, l’entente et la passion qui unissent les quatre membres de ce groupe est non seulement exemplaire, mais elle est la définition même du jazz que l’on a envie de défendre. Un jazz sincère, épanoui, et aventureux, éloigné de tous les calculs, tous les opportunismes et tous les formatages. Un jazz contemporain et européen, libre et audacieux, que le monde entier nous envie. On aimerait qu’il puisse continuer à vivre et faire des adeptes. Le combat n’est pas facile, mais il faut absolument le gagner et Christophe Marguet le sait mieux que personne : il faut à la fois résister et continuer à s’inscrire définitivement dans la poésie.

Lionel Eskenazi

G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, M. Szandai, L. Roszman, B. Fábry, B. Gál, A. Martós, T. Geröly

D. Humair, C. Monniot, M. Codjia, M. Donarier, S. Boisseau

A. Darche, S. Rifflet, M. Donarier, F. Ripoche, P. Charnois, JL Pommier, D. Casimir, P. Benech, G. Tamisier, A. Besson, L. Blondiau, A. Roulin, G. Coronado, C. Lavergne, S. Boisseau

Revisitant l’univers des musiques des films policiers des années 70, Polar Mood est le troisième album du Gros Cube.

Le Gros Cube se sont 15 complices : saxophones, trompettes, trombones, guitare, contrebasse et batterie. 15 personnalités pour défendre une identité. Celle du big band, du collectif ! Tour à tour ronronnant, ronflant ou rugissant, rutilant mais jamais trop, Le Gros Cube fait moins penser à une formule 1 qu’à un joyeux ballet de motards en goguette, chorégraphié de main de maître. De l’instrumentation la plus classique du big band, Alban Darche réussit à tirer des combinaisons inouïes, démontant et remontant sans cesse les sections, revissant les sons à la façon d’un “meccano musical” confié à un enfant surdoué.

Que cela soit sur le disque ou sur scène, aucun des musiciens ne manque de place. Chacun s’exprime, s’amuse, se laisse aller à une liberté musicale, qui pourraient sembler difficile à acquérir vu leur nombre. Mais ce n’est pas le cas. Ce qui rend Le Gros Cube si plaisant à écouter.

Extraits de presse :

“De la capacité énergique des premiers big bands aux inventions de Gil Evans, tout a été digéré. Le titre Amalgam qui mêle un funk multiforme au folklore français résume le projet. (...) Ce gros cube marque une étape dans l’histoire du jazz hexagonal. Celle d’une génération arrivée à maturité. Demeure l’émoi.” Philippe Deneuve

Le grand frisson
“On aime, oui ; on peut même écrire : on adore !” Jacques Chesnel – Culture Jazz

“Un jeu tour à tour bien poli, épithète qui justement sied aux cuivres, puis tour à tour vrombissant ou même claquant au vent lorsque dans le spi gonflé des pavillons on lâche de la toile. Alban Darche a rameuté pour ce faire un équipage de chic et de choc” Robert Latxague

S. Oliva, F. Raulin, L. Dehors, C. Monniot, S. Boisseau

F. Jeanneau, E. Spanyi, G. Juramie, J. Quitzke, A. Cissoko

S. Oliva, JM Foltz, B. Dox, E. Thielemans, S. Boisseau

A. Darche, Katerine, S. Rifflet, M. Donarier, F. Ripoche, P. Charnois, JL Pommier, D. Casimir, P. Benech, G. Tamisier, A. Besson, L. Blondiau, A. Roulin, G. Coronado, C. Lavergne, S. Boisseau

“Ils se sont croisés. Se sont reconnus, se sont plu. Ils se paxent. Normal. Ils auraient très bien pu passer l’un à côté de l’autre mais, bon, il y avait le minimum de ces coïncidences dont on s’émerveille quand on tombe amoureux avant d’apprendre que les couples ont toutes les chances de se former entre gens de la même aire géographique, du même âge et du même milieu social.

Cela dit, des gens on en croise, et le plus souvent, ça s’arrête là. Ces deux-là, sont allés (un peu) plus loin, parce qu’ils se sont trouvé d’autres points communs. Cette même rare élégance de ne rien lâcher, de faire le boulot le plus consciencieusement du monde. Et surtout ce rapport très particulier au monde, cette manière assez déstabilisante de manier en même temps le premier et le troisième degré, de concilier recul ironique et engagement frontal.

Faut pas non plus rêver : ce disque, ce n’est pas une histoire de couple. Juste une rencontre, un moment privilégié qui voit la pop de Katerine se fondre dans les compositions et les arrangements d’ Alban Darche, et le jazz solide et facétieux du Gros Cube être totalement au service des mots de Katerine.

Le Pax : un vrai disque de jazz qui a parfaitement sa place dans l’intégrale des oeuvres de Katerine. Le Pax : un nouveau CD de Katerine qui doit évidemment être placé dans la catégorie “jazz d’invention”. Ça va encore être simple à ranger !”
Thierry Mallevaes

JY Evrard, L. Blondiau, J Van Herzeele, J. Dumoulin, E. Thielemans, S. Boisseau

G. Gadó, G. Winand, A. Besson, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau, F. Schreck, DV Nagy, A. Acs, K. Bacso, B. Bujtor, B. Fabry

K. Olah, K. Bacsó, S. Boisseau

F. Ambrosetti, G. Ambrosetti, D. Moroni, D. Humair, S. Boisseau

C. Piromalli, N. Larmignat, S. Boisseau

S. Boisseau, M. Donarier, L. Blondiau, G. Gadó, S. Pasborg

C. Piromalli, N. Larmignat, S. Boisseau

G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau

A. Darche, Katerine, S. Rifflet, M. Donarier, F. Ripoche, P. Charnois, JL Pommier, D. Casimir, G. Tamisier, A. Besson, L. Blondiau, A. Roulin, G. Coronado, C. Lavergne, S. Boisseau

G. Kornazov, S. Guillaume, M. Codjia, T. Grimmonprez, K. Lutzkanov, G. Tamisier

Samantha 7, Kgafela Oa Moggoodi, Tabuho, JY Evrard, L. Blondiau, J Van Herzeele, J. Dumoulin, E. Thielemans, S. Boisseau

G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau

A. Darche, G. Gadó, S. Boisseau, RTQ String Quartet

A. Challéat, A. Besson, S. Bourguignon, P. Desmoulins, JL Pommier, P. Rousseau, JB Réhault, S. Rifflet, O. Thémines, P. Durand, K. Le Marec, N. Larmignat, B. Regnier, S. Boisseau

M. Nissim, J. Bolognesi, J. Aussanaire, J. Mahieux, S. Boisseau

G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau

G. Zufferey, D. Humair, S. Boisseau

D. Humair, C. Monniot, M. Donarier, M. Codjia, S. Boisseau

A. Darche, C. Lavergne, S. Boisseau, A. Roulin, P. Charnois, G. Coronado

A. Darche, A. Roulin, C. Lavergne, S. Boisseau, G. Coronado, P. Charnois, G. Tamisier
G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, M. Dresch, L. Göz, F. Schreck, S. Boisseau, JH Barcza, E. Balázs

D. Humair, M. Stam, D. Friedman, S. Boisseau

G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau

A. Challéat, A. Besson, S. Bourguignon, P. Desmoulins, JL Pommier, P. Rousseau, JB Réhault, S. Rifflet, O. Thémines, E. Amrofel, K. Le Marec, N. Larmignat, B. Regnier, S. Boisseau

"Deux trompettes, une section de trombones à trois (dont un tuba qui double parfois la contrebasse), quatre pupitres de saxes (dont une clarinette et une flûte qui se glisse parfois parmi les cuivres), une rythmique complète (où guitare et vibraphone occupent chacun à leur façon la place du piano, les mailloches filant volontiers à l’anglaise pour rejoindre la ligne des vents). Soit un little big-band entre les mains d’un chef et compositeur, Bruno Régnier, qui ne pense pas organigramme, mais palette de couleurs. Loin cependant des recettes d’orchestration ou d’harmonie. Sa plume est toujours au service de scénarios captivants, de développements pénétrants, où la succession des climats répond aux impératifs d’intrigues authentiques. On pense à Matthias Rüegg, à Antoine Hervé, à Martial Solal et à André Hodeir, sans qu’à aucun moment ne s’impose l’idée d’une copie conforme, d’une facilité empruntée. Bien plus, Bruno Régnier a su se constituer au fil des années, en région Centre, une équipe de fidèles dont il sait mettre en valeur, que ce soit en les intégrant à son écriture ou en leur laissant la bride sur le cou : voir la magnifique introduction rubato laissée à Olivier Thémines et Nicolas Larmignat (clarinette et batterie) sur Quadrakat, le prélude pour flûte et orchestre offert à Aude Challéat (…Dans l’herbe), le concertino pour contrebasse à l’archet écrit pour Sébastien Boisseau (P.C. le retour). A programmer de toute urgence dans les festivals."

Franck Bergerot
G. Gadó, M. Donarier, J. Quitzke, S. Boisseau, G. Winand, M. Dresch, F. Kóvacs, M. Szandai, E. Balázs

Gábor Gadó: Homeward

"With this record, Gábor Gadó returns to his Pan-European cultural heritage, as well as to the vitality, nourished by ethnic diversity, that has for centuries been a decisive force in shaping the musical image of his homeland."

László Matisz

LINER NOTES :

The "homecoming" of this Hungarian guitar player from France is more than just a noble gesture to those at home. Homeward is a metaphor that encapsulates interlinking or overlapping symbols. With this record, Gábor Gadó returns to his Pan-European cultural heritage, as well as to the vitality, nourished by ethnic diversity, that has for centuries been a decisive force in shaping the musical image of his homeland. The notion of "homecoming" however depends on an absence, and thus can only be authentic if this duality is not cloaked in hypocritical mystery. Homeward expresses this inherent duality with heartfelt honesty. Hence this CD is not only special due to its complexity, but is also a fully authentic production with regard to its aims and conceptual clarity.
Gábor Gadó was born in Budapest in 1957. He began his musical studies on the violin, later switching to the classical guitar. He graduated in 1983 from the Budapest Jazz Faculty, now an autonomous department of the Ferenc Liszt Academy of Music, having studied under Gyula Babos. He started to compose soon after, while playing with top Hungarian jazz musicians, including Róbert Rátonyi Jr., Ferenc Snétberger, Attila László, Béla Szakcsi Lakatos, Elemér Balázs and Kálmán Oláh. As time passed, he began to play with increasing frequency in international ensembles, with famous artists such as Gerard Weasley, Randy Ross and Shammy Jinda (György Jinda). He has lived in Paris since 1995, and has worked for a short time in London. The material for his highly successful Greetings from the Angel was prepared with his present quartet, which has been active on the French jazz scene since 2000. The recording was made in Budapest, with contributions from Hungarian musicians.
Homeward is Gábor Gadó's fifth recording, and the third CD produced in co-operation with the Budapest Music Center since 1999. It is representative of both Gadó's French quartet and the renowned Hungarian musicians who make their presence felt in a highly sensitive and ingenious way in a special musical atmosphere.
Singer Gábor Winand is an adept performer of Gábor Gadó's compositions, which have formed a part of his repertory for some time. His singing voice and mature technique adapt harmonically to Gadó's increasingly characteristic lacing of melodies. This co-operation has given birth to exceptionally beautiful solos, exemplifying a high level of concentration on each other, even in the more jazz-like improvisations.
Special mention should be made of the two solo saxophone players, Mihály Dresch (Hungary) and Matthieu Donarier (France). Dresch is one of the very few jazz musicians whose music is imbued with a Central European mentality, while Donarier surprises the audience with a brilliant instrumental technique, paired with an exceptional emotional richness.
The violin of Ferenc Kovács, a member of the Dresch Quartet, is another unmistakable, unique sound on the recording, and he excels in performing the Central European and slightly Balkan motifs, appearing for the first time in Gadó's pieces. To top this off the band features a rhythm section with an almost identical level of sensitivity, consisting of double bass players Mátyás Szandai and Sébastian Boisseau with drummers Elemér Balázs and Joe Quitzke. Though Gábor Gadó's instrumental performance is high soaring, elusive and translucently ethereal, it determines every part of the production, mainly with its melodic, harmonic richness and abstract conceptuality rather than by its dominance. The meta-communicative content of his music is discernible not only to his fellow musicians, but has also an appreciable effect on the audience, elevating them to a state approaching grace. The clear conceptual aim of Gadó's compositions may eclipse even the significance of his guitar playing. In an interview given on the occasion of his previous record, he expressed the basic motive for his creative intention as follows: "I look for meaning and content in all kinds of music, and I aim at a clear, intelligible expression in mine. As for the reception of music, I do not conceive it as some kind of a laboured analysis; it simply requires that I understand its meaning and be able to communicate my message to others."
Homeward projects dual emotions, interpretations, approaches and relationships simultaneously. The effect of the French way of existence and point of view, combined with the Hungarian emotional attitude and general feelings, (in one composition, the merger of the two), is especially significant in this production. To ensure the authentic expression of these, Gábor Gadó chose French musicians for the former and Hungarian musicians for the latter. Finally, we must not forget the literary inspiration behind the musical composition, which has been an essential element in the background of Gadó's compositions for years. To demonstrate this, here is a quote from one of our earlier conversations: "Each person has an inborn, internal source of energy that usually defines his every communication. Of course, it matters if one is reticent or open by nature; though one may not be better than the other, it defines your way of living. In my case, since childhood, external inspiration, especially books, have always played a very important part."

László Matisz (translated by Fruzsina Balkay, Eszter Molnár)
A. Darche, A. Roulin, C. Lavergne, S. Boisseau, G. Tamisier

"La contrebasse a des appuis et une sensualité de boléro dansé (Sébastien Boisseau) ; la batterie est moite et alanguie comme une sieste estivale (Christophe Lavergne) ; le saxophone onctueux comme une caresse (saxophone en ut, alto, ténor d’Alban Darche chez qui les phrasés de Steve Coleman ne sont plus qu’un souvenir fugitif, merveilleusement assimilé). Le synthétiseur de son (sic) est sur les talons du saxophone, comme une ombre (Arnaud Roulin, l’invité quasi-permanent du trio), phrasant soudain avec des miaulements de vieille bécane analogique. Quelque chose de daté, de poussiéreux, avec une distance narquoise qui se lit dès le titre d’ouverture. Arnaud Roulin est capable du pire, capable aussi d’en tirer le meilleur, avec un mélange de tendresse, de cynisme, d’impertinence et d’ironie qui force toutes les résistances. Derrière les sonorités les plus stéréotypées, se révèlent au fil des plages des matières improbables. Elles accroissent l’étrangeté d’une musique qui joue sur le trouble, se dérobe à tout étiquetage, dans un chassé-croisé permanent entre écriture et improvisation. Entre la matière désincarnée des musique d’ameublement et une musicalité des timbres, des mélodies et des rythmes qui impose son charme de façon insidieuse et irrésistible. L’audace formelle avance masquée de fausse nonchalence pour mieux ravir. On y revient furieusement perplexe, insatiablement curieux, puis conquis. La quinzième écoute est la bonne. La seizième, meilleure encore."


“The double-bass has the backing and the sensuality of a danced bolero (Sébastien Boisseau); the drums are as humid and languid as a summer evening (Christophe Lavergne); the saxophone as unctuous as a caress (saxophone in C, alto, tenor by Alban Darche, in whose playing the phrases of Steve Coleman are no more than a marvellously assimilated fleeting memory). The sound synthesiser (sic) is on the heels of the saxophone like a shadow (Arnaud Roulin, the semi-permanent guest of the trio), suddenly wailing with warped meowing like an old analogue tape-recorder. Something dated, crumbling, with a mocking distance that can be read right from the opening title. Arnaud Roulin can do the worst, and he can also bring out the best from it, with a mixture of tenderness, cynicism, impertinence and irony that breaks down all resistance. Listening to the tracks one after the other, one discovers improbable material behind the most stereotyped sonorities. They increase the strangeness of a music that plays on fuzziness, and defies all attempts at labelling, in a constant cat-and-mouse chase between notation and improvisation. Between the disembodied material of ‘music as furniture’ and a musicality of timbres, melodies and rhythms that imprints its fascination in an insidious and irresistible manner. The formal daring moves forward, masked by a false nonchalance, in order to delight more. One returns to it intensely perplexed, insatiably curious, and finally won over. The fifteenth listening is the good one. The sixteenth is better still.”

Franck Bergerot
- Jazzmagazine
C. Piromalli, N. Larmignat, S. Boisseau


"Musique de chair, de murmures et de fureurs mêlées, le chant profond de Cédric Piromalli, Sébastien Boisseau et Nicolas Larmignat se construit entre bourrasques et silence. Unité parfaite qui ensorcelle, intrigue, la recherche du langage commun est ici trouvée et parfaitement assumée."

“Cédric Piromalli, Sébastien Boisseau and Nicolas Larmignat’ s deep rhythm is being founded upon squalls and silences ; a kind of melting pot of fleshy, whispering and furious music. The search for a common language is reached and perfectly assumed, a unity which bewitches and surprises."


Luc Bouquet, Improjazz n°69
C. Piromalli, N. Larmignat, S. Boisseau

2 oct 2016  
WOOD, les dimanches d'Aurore - Drancy (F)
4 oct 2016  
1 salon 2 musiciens, Le Petit Faucheux, Tours (F)
14 oct 2016  
David Chevallier trio, Reims Jazz festival - Reims (F)
15 oct 2016  
WOOD, La Renverse - St Froult (F)
16 oct 2016  
WOOD, Le LAMA - St Fiacre sur Maine (F)
17 oct 2016  
David Chevallier trio, Auditorium - Le Perreux/Marne (F)
18 oct 2016  
David Chevallier trio, Le Periscope - Lyon (F)
26 oct 2016  
WOOD, Graines d'Automne - Nozay (F)
27 oct 2016  
WOOD, Le Bar'ouf - Le Mans (F)
28 oct 2016  
WOOD, Les Assoifées - St Senoux Pléchatel (F)
29 oct 2016  
WOOD, Cosy for Tutti - Charenton le Pont (F)
30 oct 2016  
WOOD, Cosy for Tutti - Dreux (F)
5 nov 2016  
Jazz sur Lie, melocotton, Nantes (F)
9 nov 2016  
1 salon 2 musiciens, Equinoxe - Scène Nantionale de ChateaurouX (D)
10 nov 2016  
1 salon 2 musiciens, Equinoxe - Scène Nantionale de ChateaurouX (D)
12 nov 2016  
Johannes Mössinger, Jazzkeller Frankfort (D)
13 nov 2016  
Johannes Mössinger, Jazzkeller Frankfort (D)
14 nov 2016  
Johannes Mössinger, B-Flat, Berlin (D)
16 nov 2016  
Johannes Mössinger, Loft, Köln (D)
17 nov 2016  
Johannes Mössinger, Jazzkongress, Freiburg (D)
18 nov 2016  
Johannes Mössinger, jazz school, Freiburg (D)
25 nov 2016  
David Chevallier trio, Fontenay le Comte (F)
6 dec 2016  
1 salon 2 musiciens, Le Petit Faucheux, Tours (F)
8 dec 2016  
JASS w. Hollenbeck-Blaser-Darche-Boisseau, Selmer, Paris (F)
9 dec 2016  
JASS w. Hollenbeck-Blaser-Darche-Boisseau, Jazzstation, Sierre (CH)
10 dec 2016  
JASS w. Hollenbeck-Blaser-Darche-Boisseau, Fabrique Dervallières, Nantes (F)
11 dec 2016  
JASS w. Hollenbeck-Blaser-Darche-Boisseau, Yolk Live, St Fiacre/Maine (F)
13 dec 2016  
Trio Oliva-Rainey-Boisseau,
Equinoxe Scene Nationale, Chateauroux (F)
14 dec 2016  
Trio Oliva-Rainey-Boisseau,
Opus Café, Budapest (HU)
15 dec 2016  
Trio Oliva-Rainey-Boisseau,
AJMI, Avignon (F)
16 dec 2016  
1 salon 2 musiciens, Le Petit Faucheux, Tours (F)